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Rio Grande, Mexique: Mythique et... très banal!

Ce promontoire rend le Rio Grande spectaculaire! Voilà pourquoi on en a fait un arrêt touristique. Ailleurs, ce cours d’eau n’a rien de photogénique.
Photo courtoisie, Gilles Proulx Ce promontoire rend le Rio Grande spectaculaire! Voilà pourquoi on en a fait un arrêt touristique. Ailleurs, ce cours d’eau n’a rien de photogénique.

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Le Rio Grande attire des millions de touristes. Son nom est célèbre. On l’entend dans des chansons country. Il en est question dans un nombre incalculable de films westerns où ce cours d’eau incarne la frontière avec le Mexique par laquelle le hors-la-loi peut fuir les forces de l’ordre. Combien de guitares ont été grattées sur le son de ces notes qui nous mènent au Rio Grande ?

Eh bien, au risque de vous décevoir, je vous dirai que ce fleuve n’est intéressant qu’en raison de son importance géopolitique. Il est du calibre de la rivière Richelieu ou Yamaska. Cela fait penser au Rubicond hyper célèbre depuis que Julius César l’a traversé en disant « Le sort est jeté » et qui est tellement insignifiant que la plupart des touristes renoncent à le photographier...

Une réserve nationale 
protège cette rivière où, 
paraît-il, la pêche est bonne.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Une réserve nationale protège cette rivière où, paraît-il, la pêche est bonne.

Le Rio Grande est au moins bien entouré : c’est le désert, sol rocailleux, végétation malingre, etc. Pendant mon voyage au sud-ouest des États-Unis, j’ai eu l’occasion de le photographier à partir d’un observatoire. Sinon, sachez que ce fleuve interminable est traversé d’innombrables fois par des routes jusqu’au Colorado. Tandis que je montais sur la rampe, j’ai entendu le son si reconnaissable du serpent à sonnette... et à mon grand désarroi ce dernier s’est sauvé avant que je puisse sortir mon objectif.

Avec ma casquette de Yankee 
achetée chez des sudistes et qui 
m’a valu un grand nombre 
de taquineries, et revêtant 
un «poncho apache». On 
n’est jamais trop hétéroclite!
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Avec ma casquette de Yankee achetée chez des sudistes et qui m’a valu un grand nombre de taquineries, et revêtant un «poncho apache». On n’est jamais trop hétéroclite!

Plus la tension monte entre les États-Unis et le Mexique, plus ce fleuve retrouve sa charge culturelle. Au fond, son existence a été utile, politiquement, puisqu’il a donné une frontière naturelle facile à observer. L’humain étant ce qu’il est, il accorde beaucoup d’importance aux éléments qui ont joué un rôle dans son histoire... et ce fleuve paresseux n’est pas en reste ! Si je dis que je suis allé voir le Rio Grande, les yeux s’écarquillent... comme si je parlais d’une merveille. Disons qu’il s’agit d’un cas de « déformation poétique ». Mais bon : ça ne peut pas être pire que le Jourdain ou le Gange !

Un peu partout dans le désert avoisinant, des hyper écolos érigent des 
bâtiments sur des terres publiques faits à partir de rebuts et énergiquement 
indépendants grâce aux panneaux solaires. Ce ne sont pas des propriétaires, 
mais des « squatteurs » toujours sujets à une expulsion, m’a-t-on dit.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Un peu partout dans le désert avoisinant, des hyper écolos érigent des bâtiments sur des terres publiques faits à partir de rebuts et énergiquement indépendants grâce aux panneaux solaires. Ce ne sont pas des propriétaires, mais des « squatteurs » toujours sujets à une expulsion, m’a-t-on dit.