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Yves Duteil, chanteur (quand même) engagé

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Mine de rien, ce grand monsieur de la chanson française propose sûrement ici le disque le plus politisé de sa discographie. Une œuvre qui, malheureusement, ne reflète pas son incroyable engagement social. En effet, M. Duteil — qui a également été maire au cours des dernières années — s’implique auprès de moult causes humanitaires depuis ses débuts.

Yves Duteil - Respect

★★ ½

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Or, en réponse au climat morose actuel (l’album a été inspiré, en partie, des attentats du 13 novembre 2015), M. Duteil invite au... respect. Prise de position presque aussi utile que de crier « du calme » à quelqu’un d’agité, vous me direz, mais l’intention — aussi timide puisse-t-elle être — est quand même là. Doublement même.

Du type « musique du monde »

Dès la pièce-titre, l’artiste met l’œuvre en place avec une ballade où le texte, aussi bienveillant que nébuleux, se marie aux violons inspirés et, surprise, à une finale flirtant avec la musique raï (sûrement l’élément le plus intéressant de cette introduction, d’ailleurs).

Même son de cloche sur la pièce suivante, À l’abri du meilleur, où Duteil y va de constats au ras des pâquerettes (« ça va mal », genre) et de solutions aux intentions louables, mais écrites sur un coin de table (« unissons-nous ! », par exemple). Sans m’attendre à des prises de position dignes de M.I.A. ou Zack de la Rocha, évidemment, j’aurais aimé que le vénérable chanteur se mouille davantage, tant qu’à emprunter cette voie.

Bref, pour fans surtout.

À noter, toutefois

La légende des immortelles, un hommage chaleureux à un apiculteur de son entourage doublé d’une mise en garde sur la disparition des abeilles. Sujet original, en effet !

Victime - La femme taupe

★★★ ½

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Après avoir dévoilé un maxi annonçant ses couleurs, le trio post-punk (à défaut d’une meilleure étiquette) se commet finalement avec un premier album assumé et, surtout, pas piqué des vers. À la croisée des chemins du punk, du noise, voire du math rock, Victime fait courageusement sa niche. Bref, La femme taupe est une œuvre qui divise (on apprécie ou ça tombe royalement sur les nerfs, j’imagine) et, surtout, qui ne laisse personne indifférent en plus de se distinguer de bon nombre de parutions rock locales cette année. À découvrir !

The Blaze Velluto Collection - Weatherman

★★★

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Weatherman est une parution tout d’abord autoproduite par The Blaze Velluto Collection, un projet (majoritairement) folk et rock de Québec, l’année passée. Sous la houlette de Guillaume Chiasson (de Ponctuation, justement) et avec l’aide d’une panoplie de musiciens liés de près ou de loin au 418, Blaze Velluto étrenne son cœur écorché sur 11 pièces « qui-sonnent-rétro-sans-l’être ». Les amateurs des premiers efforts de Beck et Jimmy Hunt, par exemple, vont adorer.

L - Chansons

★★ ½

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Sensation française depuis la parution d’Initiale (2011), un premier disque encensé à souhait, l’auteure-compositrice-interprète Raphaële Lannadère (ou L, pour couper court) refait finalement surface avec un nouvel album faisant suite à son excellent LP homonyme lancé en 2016. Bien qu’on apprécie la surprise (Lannadère délaisse la pop électro flirtant avec le minimalisme pour sortir, littéralement, les violons), Chansons sonne faux par sa grandiloquence. À noter toutefois : les textes sont magnifiques.

Coup de coeur


Ponctuation - Mon herbier du monde entier

★★★★

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Bonne nouvelle pour les amateurs du duo québécois : les frères Chiasson devraient épuiser les dernières comparaisons aux Black Keys avec ce troisième album infiniment plus éclaté, voire supérieur, aux récentes offres de leurs contemporains américains. De son introduction « à la Vangelis » jusqu’à sa conclusion flirtant même avec le country, Ponctuation propose un rock foisonnant tirant sur tout ce qui bouge sans toutefois faire dans le n’importe quoi. Bref, c’est du solide !