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Déconnage horaire

Pas évident de couvrir les Jeux
olympiques à l’autre bout du monde.
Photo Didier Debusschère Pas évident de couvrir les Jeux olympiques à l’autre bout du monde.

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GANGNEUNG | Vous lisez actuellement ce journal plus tard ce soir. Logique puisque cet article a été écrit avant-hier. En fait, je ne sais plus trop.

On a été projeté dans l’univers invraisemblable d’Harry Potter durant ce mois de février 2018. Ou dans le film Retour vers le futur, dans lequel même Marty McFly n’arrive pas à démêler le passé de l’aujourd’hui.

Les 14 heures de décalage entre le Québec et la Corée du Sud nous ont retranchés dans nos règles mathématiques élémentaires à toute heure du jour. Il est 13 h 15 aujourd’hui à Pyeongchang, donc 23 h 15 hier à Sherbrooke et à Ferland-et-Boilleau. Comment peut-il faire soleil au Centre de ski de fond d’Alpensia au même moment qu’un verglas tombe sur Québec durant la nuit ?

Quand on travaille pour l’édition papier d’un journal et une heure de tombée à 23 h au Québec, il est déjà 13 h ici le lendemain. Donc, pour la course d’Alex Harvey qui débute à 14 h, oubliez le compte-rendu dans le journal du jour. Vous le lirez à votre surlendemain.

« Heureusement, il y a le web », clament les défenseurs de l’information instantanée. C’est trop vrai, j’avais oublié. Vite, un court texte pour le site du Journal, même s’il est 3 h du matin à la maison. Vous le lirez à votre réveil avant d’aller au boulot. Vous le relirez sous une autre forme dans votre journal de demain.

Docteur, mon cerveau est partout, sauf dans le mode présent, je n’arrive plus à conjuguer le futur antérieur au passé simple...

Je revois notre journal du jeudi 15 février. Durant ce qui était notre mercredi 14, j’ai acheminé les articles portant sur Alex Harvey à paraître dans le journal du 15. Je dors ma nuit. Après le déjeuner, je file vers le Palais des glaces de Gangneung pour assister au programme libre en matinée du duo Julianne Séguin et Charlie Bilodeau, suivi de la médaille de bronze de Meagan Duhamel et Eric Radford. Je raconte leurs histoires qui seront aussi publiées... dans le même journal du 15. Une journée, une nuit et une autre journée à bosser pour la même édition ! Hein ?

Ce matin, c’est lundi chez vous. Pourtant, on s’apprête à basculer au mardi, ici, pour le voyage de retour. J’ai envie de rester une journée de plus. J’attends le tirage télévisé du 6/49 et je rentre au Québec avec la combinaison gagnante...

Mes coups de cœur

1. Kim Boutin. Pour son aplomb dans la controverse et ses émotions bien dosées dans le succès.

Pas évident de couvrir les Jeux
olympiques à l’autre bout du monde.
Photo Didier Debusschère

2. Alex Harvey. En pleurs dans les bras de son père Pierre après sa 4e place au 50 km. Déchirant.

Pas évident de couvrir les Jeux
olympiques à l’autre bout du monde.
Photo Didier Debusschère

3. Les Sud-Coréens. Polis, dévoués et gentils. Vraiment gentils.

Pas évident de couvrir les Jeux
olympiques à l’autre bout du monde.
Photo AFP