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Élections italiennes: ça va dépeigner!

Authentic flag of the Italy
Photo Fotolia

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L’Italie – que l’on aime tant pour son histoire, sa culture, sa gastronomie – traverse une autre de ces périodes mouvementées qui ont marqué l’après-guerre. Un déluge de migrants venus d’Afrique du Nord, une économie qui ne parvient pas à redécoller et un ras-le-bol à l’égard des politiciens traditionnels annoncent des élections générales houleuses dimanche prochain.

L’immigration a monopolisé les débats de cette campagne électorale. Depuis cinq ans, l’Italie a repêché et accueilli, par dizaines de milliers, des migrants qui avaient tout risqué, jusqu’à leur vie, pour franchir la mer Méditerranée.

Frustrés par l’incapacité de l’Union européenne à faire respecter une distribution de ces rescapés parmi ses membres, de plus en plus d’Italiens se laissent séduire par l’idée de gérer la crise eux-mêmes.

Ainsi, Sylvio Berlusconi, l’ancien premier ministre, qui tente un retour à la tête de Forza Italia, le parti de centre-droite, promet de déporter « 600 000 immigrants illégaux » s’il est élu.

UNE ÉCONOMIE EN QUÊTE D’ÉLECTROCHOCS

Ce populisme se voit aussi dans les engagements pris pour redynamiser l’économie italienne : selon les médias locaux, il s’est fait pour plus de 1000 milliards de dollars de promesses électorales !

Il faut dire qu’à 1,5 % en 2018 et 1,2 % en 2019, la croissance économique estimée de l’Italie la place bonne dernière au sein de l’Union européenne. Rien pour atténuer le chômage qui affecte 11 % de la main-d’œuvre et, pire encore, plus d’un tiers des jeunes travailleurs.

Parallèlement, le pays croule sous une dette publique de 2800 milliards de dollars, alors que les banques, de leur côté, sont aux prises avec plus de 220 milliards de dollars en mauvaises créances. En d’autres mots, au moment où l’économie aurait besoin d’une bonne poussée, personne n’a les moyens de faire les prêts et les investissements nécessaires.

UNE VIE POLITIQUE COLORÉE

Il faut donner aux Italiens ce qui leur revient : les choix politiques n’ont rien d’ambigu. À droite, les électeurs sont sollicités par une coalition dans laquelle se retrouvent Berlusconi – l’ex-premier ministre, condamné pour corruption et souillé par un scandale d’incitation d’une mineure à la prostitution – et Matteo Salvini, dont le parti, la Lega Nord, appelait jusqu’à récemment à l’indépendance du nord de l’Italie.

Au centre-gauche, le Parti démocrate tente de se faire reporter au pouvoir, mais est malmené par le premier parti d’Italie, le Movimento 5 Stelle (le « Mouvement 5 Étoiles »), fondé par un humoriste, Beppe Grillo, et farouchement anti-establishment.

LES RUSSES, ENCORE EUX

Cela dit, la démocratie à l’italienne n’a rien de simple, comme le démontrent la soixantaine de gouvernements et l’enchaînement de premiers ministres depuis la fin du fascisme. Curieusement, une nouvelle loi électorale visant à rendre le pays plus facile à gouverner risque d’avoir l’effet contraire.

Il faut, pour pouvoir former le gouvernement, qu’un bloc politique obtienne plus de 40 % des voix. Comme aucun des ensembles actuels ne fait mieux que 35 % des intentions de vote, l’Italie pourrait bien être plongée, à l’image de l’Allemagne, dans d’interminables négociations d’alliances et de coalitions.

Peu importe la façon de regarder les plus récents scénarios, ils ramènent presque tous Berlusconi au cœur du pouvoir. Oui, oui, ce Berlusconi qui organisait des partys – des bunga-bunga – dans une de ses villas près de Milan. Et ce n’est pas le plus inquiétant.

Alors qu’en Italie comme ailleurs en Europe (et aux États-Unis, bien sûr), les responsables électoraux luttent ouvertement contre l’ingérence russe, Berlusconi répète à qui veut l’entendre que Vladimir Poutine est un ami personnel. Le loup dans le poulailler ! Je vous le dis, rien d’ennuyant dans ces élections italiennes.

À GAUCHE

► 26 %

Parti démocrate

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Photo AFP

 

  • Centre-gauche
  • Dirigé par Matteo Renzi 43 ans
  • Ex-premier ministre, 2014-2016

À DROITE

► De 35 à 38 %

Forza Italia

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Photo AFP

 

  • Centre-droite
  • Dirigé par Sylvio Berlusconi
  • 81 ans
  • Trois fois premier ministre : 1994-1995, 2001-2006, 2008-2011

La Lega

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Photo AFP

 

  • Droite
  • Ex-La Lega Nord
  • Dirigé par Matteo Salvini
  • 44 ans
  • Député européen, 2004-2006 et depuis 2014

Fratelli d’Italia

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Photo courtoisie, www.giorgiameloni.it

 

  • Droite
  • Héritier du fascisme italien
  • Dirigé par Giorgia Meloni
  • 41 ans

AILLEURS...

De 27 à 29 %

Mouvement 5 Étoiles

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Photo AFP

 

  • Anti-establishment
  • Fondé en 2009 par Beppe Grillo, comédien et humoriste
  • Dirigé par Luigi Di Maio
  • 31 ans
  • Député italien depuis 2013