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Fermeture de Camillien-Houde : pas d’inquiétudes pour le trafic selon des experts

Fermeture de Camillien-Houde : pas d’inquiétudes pour le trafic selon des experts
Photo Agence QMI, PHILIPPE-OLIVIER CONTANT

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La fermeture de la voie Camillien-Houde à Montréal aux automobilistes ce printemps n’entraînera pas une augmentation de la congestion routière dans les rues entourant le mont Royal, selon plusieurs experts consultés par le journal 24 Heures.

« C’est comme la première semaine du mois de septembre. C’est la rentrée et le retour de vacances, c’est la folie furieuse sur les routes. Les gens finissent par s’ajuster », explique le directeur général de l’organisme Vivre en Ville Christian Savard, qui reconnaît que la première semaine sera difficile.

La circulation automobile agit comme un gaz, illustre ce dernier. Elle se place donc dans la ville en fonction des occasions qu’on lui offre. Si les automobilistes ne peuvent plus transiter par la voie Camillien-Houde et le chemin Remembrance, ils trouveront tout simplement un autre trajet.

Le responsable des grands parcs au comité exécutif Luc Ferrandez a annoncé en février que le chemin sera fermé au printemps aux automobilistes dans le cadre d’un projet-pilote, qui sera bientôt présenté en détail par l’administration de Valérie Plante.

Selon le professeur Martin Trépanier de la Chaire de recherche Mobilité de la Polytechnique Montréal, la fermeture engendra au départ un débalancement des flux de circulation sur les rues autour du mont Royal. « Les automobilistes devront s’ajuster, donc soit revoir leur trajet ou soit reconsidérer l’utilisation de la voiture, et une situation d’équilibre se formera après quelques semaines ou mois », indique-t-il.

Mille voitures aux heures de pointe

Environ mille automobiles circulent aux heures de pointe matinales et de fins de journée sur Camillien-Houde, selon les données de 2016 de la Ville de Montréal. Un nouveau comptage se fera prochainement sur la voie.

« Il y a de la place, assure la professeure au département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal, Florence Junca-Adenot. Ce n’est quand même pas énormément de voitures qui font le détour par la montagne. L’impact que cela a sur le milieu, ça peut se prendre. »

Les automobilistes qui ont l’habitude d’emprunter la route pourraient se rabattre par exemple sur l’avenue des Pins, et les chemins de la Côte-Sainte-Catherine et de la Côte-des-Neiges qui encerclent la montagne.

« Il n’y aura pas de conséquences catastrophiques sur les rues environnantes. C’est ce que la littérature, la science et les expériences précédentes nous démontrent », souligne Christian Savard. Il cite en exemple la ville de Portland qui a fermé une de ses autoroutes en 1974. Par la suite, aucun impact lié à la congestion routière n’a été documenté dans les rues environnantes.

Transport en commun

Les autobus de la Société de transport de Montréal (STM), les autobus scolaires, les cars touristiques et les véhicules d'urgence pourront continuer d'utiliser la voie Camillien-Houde, inaugurée en 1958.

« La modification de la circulation pourrait en outre avoir un impact positif pour la livraison de notre service de bus, notamment au plan de la ponctualité », soutient la porte-parole de la STM Isabelle A. Tremblay.

Lancée à la mi-février, une pétition qui s’oppose à cette décision a recueilli jusqu'à présent plus de 23 000 signatures.