/news/currentevents
Navigation

Le travailleur happé refusait de travailler le soir

Les proches de l’ouvrier du MTQ souhaitent qu’il ne soit pas mort en vain

Un travailleur du MTQ a été happé mortellement et deux autres blessés sérieusement par un chauffard sur l’autoroute 20 près de la 520 vendredi soir.
Photo agence qmi, pascal girard Un travailleur du MTQ a été happé mortellement et deux autres blessés sérieusement par un chauffard sur l’autoroute 20 près de la 520 vendredi soir.

Coup d'oeil sur cet article

L’employé du MTQ happé mortellement vendredi soir à Dorval refusait normalement de travailler de nuit selon sa conjointe, qui espère que sa mort permettra d’améliorer la sécurité aux abords des chantiers.

« Il refusait toujours de travailler le soir. C’était la première fois qu’il était de nuit. Il devait le sentir que c’était dangereux », confie Syndia Gauthier.

Âgé de 44 ans, Stéphane Lebel a été fauché dans un accident possiblement provoqué par un chauffard ivre.

Il faisait partie d’une équipe d’une dizaine de travailleurs qui effectuait des réparations aux alentours de 23 h 30 sur l’autoroute 20 ouest près de la 520.

Au total, huit autres personnes ont été blessées.

L’ouvrier travaillait pour le ministère des Transports depuis quelques mois seulement. Il faisait du déneigement et de la réparation de route.

Syndia Gauthier en présence de son conjoint, Stéphane Lebel, qui a tragiquement perdu la vie.
Photo COURTOISIE 
Syndia Gauthier en présence de son conjoint, Stéphane Lebel, qui a tragiquement perdu la vie.

 

Heures supplémentaires

« J’avais un mauvais pressentiment quand il m’a dit qu’il avait accepté de faire de l’overtime vendredi. C’est encore plus injuste », ajoute-t-elle.

Elle croit qu’il a voulu rattraper une journée de travail qu’il avait manquée plus tôt durant la semaine.

« Peut-être qu’il s’est dit qu’avec la météo prévue, ce serait plus sécuritaire », suppose Mélissa Spoon Viau, une grande amie de Stéphane.

« C’est ce qui me bouleverse le plus. Il avait plein de projets. Il voulait s’acheter une maison pour vivre avec sa fille et moi. Il avait tellement un grand cœur et il voulait tellement être heureux », poursuit Syndia Gauthier, qui connaissait M. Lebel depuis l’âge de 16 ans.

Bonnes valeurs

Amant de la nature et de musique, Stéphane Lebel était végétalien et militant. Il avait notamment déjà travaillé comme vermiculteur pour une ferme biologique de Montréal.

« Il vivait en accord avec ses valeurs et son cœur. Il était un peu bohème et tellement gentil », mentionne Stéphanie Deschênes qui l’a côtoyé dans les années 2000.

Surnommé « Marginal », son calme et sa générosité ont été soulignés par plusieurs de ses amis.

Toujours sous le choc, Syndia Gauthier souhaite ardemment que la sécurité des travailleurs sur les chantiers routiers ne soit pas occultée par le fait que l’accident aurait été causé par un conducteur en état d’ébriété.

« Oui, il y a l’alcool, mais je pense qu’il y a plus que cela, rappelle-t-elle. Est-ce qu’ils auraient pu être plus voyants ? Il faut en parler pour faire changer les choses. »

Vincent Lemay, 38 ans, doit répondre de 16 chefs d’accusation, dont conduite avec les facultés affaiblies causant la mort. Avec la camionnette de son employeur, il a percuté un VUS qui est allé faucher les travailleurs.

« Je sais que ça ne le ramènera pas, mais j’espère sincèrement que son décès conscientise les gens que ce sont des êtres humains qui travaillent au bord de la route », affirme Syndia Gauthier.

« Est-ce que ça prend ça pour qu’on pense à la sécurité ? » questionne également Mme Spoon Viau.

« Je ne cherche pas vengeance, glisse finalement Mme Gauthier. Mais [Stéphane] ne méritait pas cela. C’est un drame qui aurait pu être évité, c’est certain. Ça brise des vies. »