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Enquête ouverte en Alberta contre un ex-ingénieur du Québec

<b>Normand Fallu</b>, <i>ex-v.-p. Dessau</i>
Photo d'archives Normand Fallu, ex-v.-p. Dessau

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Une enquête vient d’être déclenchée à l’Ordre des ingénieurs de l’Alberta (APEGA) à l’encontre d’un ex-v.-p. de Dessau qui a reconnu jeudi dernier avoir participé à la collusion à Longueuil dans les années 2000.

Normand Fallu a plaidé coupable jeudi dernier devant l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) d’avoir été impliqué dans un système de partage de contrats à Longueuil de 2005 à 2010 et d’avoir fait obstacle à l’enquête du syndic de l’Ordre sur ses gestes.

M. Fallu, qui dit être depuis devenu « un champion de l’éthique », a affirmé à l’OIQ avoir récemment perdu son emploi chez Stantec, à Calgary, pour avoir révélé qu’il faisait l’objet d’une plainte disciplinaire au Québec pour collusion.

« Pas au courant »

En revanche, il n’en a semble-t-il pas informé l’ordre professionnel dont il est membre depuis cinq ans en Alberta.

« L’APEGA n’était pas au courant de la situation de M. Fallu », affirme au Journal par courriel Katie Starratt, directrice des communications de l’APEGA.

Celle-ci ajoute que l’ordre professionnel albertain a ouvert une enquête.

« Quand nous sommes avisés de procédures disciplinaires ou criminelles impliquant un membre de l’APEGA dans une autre juridiction, nous référons le cas à notre comité d’investigation pour qu’il enquête », écrit Mme Starratt.

Pourtant, l’avocate de M. Fallu, Lisane Bertrand, a assuré durant l’audience à l’OIQ avoir communiqué avec l’APEGA afin de savoir ce que M. Fallu encourait en Alberta s’il était radié au Québec.

« Les réponses de l’APEGA n’étaient pas claires », a souligné l’avocate, qui a donc insisté pour que son client ne soit pas radié. Il n’a pas été possible de joindre Me Bertrand lundi.

Sans emploi

Normand Fallu, 54 ans, est actuellement sans emploi, a-t-il expliqué devant l’OIQ.

Il avait été envoyé en Alberta en 2013 par son employeur de l’époque, la firme de génie Dessau, en pleine période de révélations explosives sur la corruption et la collusion dans l’industrie de la construction.

Une enquête de l’OIQ a montré que Dessau et quatre autres firmes de génie se sont partagé les contrats publics à Longueuil dans les années 2000.

M. Fallu a exprimé des regrets devant l’OIQ, mais a aussi soutenu que ce genre de pratiques « faisaient partie de la normalité » à l’époque.

Il risque une amende de 22 500 $.