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Erreur administrative: les propriétaires d’un bar du Sud-Ouest plongés dans l'incertitude

Le gérant du bar, Jean-Hugues Cinq-Mars, affirme que les 10 employés permanents du bar sont inquiets de perdre leur poste alors que l’avenir du bar Playground est menacé.
Photo Zacharie Goudreault Le gérant du bar, Jean-Hugues Cinq-Mars, affirme que les 10 employés permanents du bar sont inquiets de perdre leur poste alors que l’avenir du bar Playground est menacé.

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MONTRÉAL | Les propriétaires et les employés d’un bar du quartier Griffintown, à Montréal, sont plongés dans l’incertitude et déplorent le manque de coopération de l’arrondissement du Sud-Ouest alors que l’avenir du commerce pourrait être tranché vendredi.

Le bar Playground, qui a ouvert en juin sur la rue Notre-Dame Ouest, a appris en novembre dernier qu’il pourrait perdre son certificat d’occupation en raison d’une erreur administrative.

En avril dernier, un fonctionnaire de l’arrondissement a remis aux propriétaires du bar un certificat d’usage de vente d’alcool alors que le zonage du secteur interdit les débits de boissons alcoolisées. Une erreur que l’arrondissement n’a constatée qu’à la suite de nombreuses plaintes pour bruit excessif de la part de résidents d’appartements voisins.

Depuis, les trois copropriétaires ont envoyé des lettres à des dizaines de résidents, installé des détecteurs de décibels dans le bar et embauché des gardiens de sécurité. Une rencontre avec plusieurs résidents était également prévue lundi soir afin de trouver des pistes de solutions.

«Ça montre qu’on est ouverts à la discussion. Ça va être en parlant aux citoyens qu’on pourra voir si les efforts faits ont été fructueux», a fait valoir Gabrielle Hamelin, une des copropriétaires du bar.

Alors qu’une séance extraordinaire du conseil d’arrondissement aura lieu vendredi pour trancher sur la demande du bar de continuer à vendre d’alcool, les copropriétaires du Playground déplorent qu’aucun élu n’ait accepté de les rencontrer dans les dernières semaines malgré des demandes répétées.

«C’est vraiment frustrant que les élus nous négligent. Notre but, c’est seulement de dire à l’arrondissement qu’on a fait des démarches d’acceptabilité sociale», a déploré le propriétaire Fiodar Huminski.

Le dossier pouvant être judiciarisé, «les élus ne peuvent pas commenter», a indiqué au «24 Heures» le directeur de cabinet adjoint dans l’arrondissement du Sud-Ouest, David Pagé.

Pertes financières

Dans les dernières semaines, les revenus du bar ont chuté, de nombreux clients n’osant plus s’y rendre par peur de se buter à des portes closes.

«Pour nous comme pour les clients, c’est le noir», a soupiré Gabrielle Hamelin, qui note une baisse du nombre de réservations prises à l’avance pour des évènements corporatifs et caritatifs.

L’incertitude plane également sur les 10 employés à temps plein du bar, qui pourraient perdre leur poste prochainement.

«C’est super stressant. Les employés me posent plein de questions. Ils ont peur de perdre leur "job" et je ne sais pas quoi leur dire», a confié le gérant du bar, Jean-Hugues Cinq-Mars, lui-même à la recherche d’un nouvel emploi.