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Le Bloc québécois pourrait vivre ses derniers jours

Une deuxième crise au Bloc en un an compromet sa survie, croit un ex-chef

La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, répondait aux questions des journalistes peu avant de tenter, sans succès, de calmer la grogne parmi ses députés lundi. Seuls trois députés lui restent fidèles, dont Xavier Barsalou-Duval (<i>en arrière-plan</i>).
Photo Boris Proulx La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, répondait aux questions des journalistes peu avant de tenter, sans succès, de calmer la grogne parmi ses députés lundi. Seuls trois députés lui restent fidèles, dont Xavier Barsalou-Duval (en arrière-plan).

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OTTAWA | Le Bloc québécois est sur le point d’exploser alors que plusieurs élus exaspérés du style de leadership de Martine Ouellet songeraient à quitter le parti dès mercredi.

« Il peut y avoir un ou deux députés qui sont en désaccord, on voit ça dans tous les partis. Là, c’est 70 % [des élus]. Ils doivent y réfléchir sérieusement [à partir], c’est à eux à prendre leur décision », croit l’ex-chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.

« Ça augure très mal pour la survie du parti. Imaginez que la majorité des députés claquent la porte, c’est gros », rajoute son successeur, Daniel Paillé.

Départs

Rien n’indiquait lundi que Mme Ouellet arriverait à calmer le cri d’insatisfaction de sept de ses 10 députés lancé lundi, comme elle l’a fait en juin dans une crise presque identique.

Les députés et la chef se rencontreront de nouveau mercredi pour faire le point.

De proches conseillers d’élus frustrés ont confié au Journal qu’au moins trois d’entre eux comptent claquer la porte du parti. Quatre autres seraient en réflexion.

Critique publique

Le groupe des sept députés, les mêmes qui avaient publiquement critiqué Mme Ouellet en juin dernier, se serait déjà consulté pour réfléchir à comment écarter celle qui est leur chef depuis moins d’un an.

« Ça ne se terminera pas comme en juin », a confirmé Rhéal Fortin lundi. L’élu s’est dit « attaché au Bloc », mais y déplore « une crise de leadership majeure ».

Il semble que le Conseil général du Bloc, il y a 10 jours, ait été la bougie d’allumage de cette deuxième crise majeure.

La chef aurait alors offensé ses députés en critiquant la « résistance » parmi eux et le « coulage » d’informations aux médias dans son discours, notamment au sujet de son salaire controversé d’un peu moins de 100 000 $ par an.

<b>Gabriel Ste-Marie</b>, <i>député</i>
Photo Boris Proulx
Gabriel Ste-Marie, député

« On se serait contenté à ce qu’elle [Martine Ouellet] ne divise pas trop », a lancé lundi Gabriel Ste-Marie, peu après avoir abandonné son rôle de leader parlementaire du parti.

Martine Ouellet s’est dit « en mode solution » à la sortie de sa difficile rencontre avec ses députés. Juste avant, elle rejetait la faute sur un « conflit larvé » qui, selon elle, ne remet pas en cause son leadership.