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Le meilleur coup d’André Savard

Tomas Plekanec aura rendu de fiers services au Canadien, lui qui a été un choix de troisième ronde au repêchage de 2001. Il a rencontré les médias montréalais pour une dernière fois, hier, avant de se rendre à Toronto.
capture d’écran TVA sports Tomas Plekanec aura rendu de fiers services au Canadien, lui qui a été un choix de troisième ronde au repêchage de 2001. Il a rencontré les médias montréalais pour une dernière fois, hier, avant de se rendre à Toronto.

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L’acquisition de Tomas Plekanec aura été le meilleur coup d’André Savard durant son court séjour au poste de directeur général du Canadien.

Remontons dans le temps. L’organisation du Tricolore traverse des années difficiles. Les méchantes langues diront que rien n’a changé.

Le Tricolore se dirige vers une troisième exclusion d’affilée des séries lorsque Savard succède à Réjean Houle en novembre 2000. Précédemment directeur du personnel des joueurs, Savard juge qu’il lui faut rester actif en matière de recrutement.

Pendant que le Canadien accumule les défaites, Savard se promène un peu partout sur la planète à la recherche de jeunes espoirs qui pourraient contribuer à relancer son équipe.

Différend avec son recruteur

Plekanec capte son attention lors de tournois majeurs qui se déroulent annuellement en Europe en novembre, février et avril.

Son idée est faite.

Le nom de Plekanec figure sur sa liste des espoirs qu’il tentera de repêcher en 2001. Mais il lui a fallu jouer un peu du coude avec son recruteur européen afin de choisir Plekanec en troisième ronde.

Savard m’a raconté l’histoire hier alors qu’il participait à une réunion de l’état-major des Devils du New Jersey en marge avec le marché des transactions qui prend fin aujourd’hui.

« Lors de notre réunion en vue du repêchage cette année-là, le nom de Plekanec venait en quatrième ronde dans l’estimation de notre éclaireur basé en Europe », a-t-il dit.

« Je lui ai dit qu’une équipe nous le chiperait si on attendait jusque-là. Il fallait le classer à la bonne place. »

Bon retour sur investissement

Pour un choix de troisième ronde, Plekanec en aura donné largement pour son argent au Canadien.

Certes, on aurait aimé le voir plus productif en séries éliminatoires. Mais il ne faut pas oublier qu’il était appelé à surveiller les meilleurs joueurs de centre adverses.

N’empêche que dans l’ensemble, il aura été un bon soldat pour le Canadien.

« C’est un gars fier », a continué Savard. « C’est pour cette raison qu’il a réussi. Il s’est toujours fait un devoir de bien jouer dans les deux sens de la patinoire. Il travaille fort. Il a le sens du hockey. »

Plekanec a grandi avec l’équipe de Kladno, organisation de sa ville natale qui a donné d’excellents joueurs à la Ligue nationale.

Jaromir Jagr vient en tête de liste, mais il y a eu aussi Patrik Elias, Michal Pivonka, Tomas Vokoun et Ondrej Pavelec.

« Plekanec a dû s’ajuster à son arrivée en Amérique », s’est rappelé Savard.

« En Europe, il avait l’habitude de jouer en retrait derrière ses ailiers en territoire offensif. Ici, il lui a fallu jouer plus profondément afin de faire de l’échec avant. »

« Il a fourni de bonnes contributions offensives au fil des années. Tous les entraîneurs pour lesquels il a joué l’aimaient. Il y a une raison pour ça. »

Des chiffres qui disent tout

Plekanec n’est pas un fort en gueule, mais il a le mérite d’être un véritable professionnel. En ce sens, il est un peu de la vieille école. Il s’exprime par ses actions.

Sa valeur actuelle ne correspond pas à son contrat de deux ans d’une valeur de 12 millions qui se terminera à la fin de la saison. Mais ça ne lui enlève pas ce qu’il a accompli pour le Canadien.

Sa feuille de route parle d’elle même.

Plekanec vient au 13e rang dans l’histoire du Tricolore au chapitre des points avec 605 et des mentions d’aide avec 372. Ses 232 buts le placent en 18e place et ses 981 matchs en septième position.

Il est de plus un joueur résistant. Il n’a raté que 32 matchs à ses 13 saisons à Montréal, dont une quinzaine à son année recrue.

Il peut dire mission accomplie !

Servi par sa persévérance

Comme bien des joueurs, Tomas Plekanec a eu à surmonter des obstacles au cours de sa carrière. À sa troisième saison avec les Bulldogs de Hamilton, il avait remis en question sa carrière en Amérique.

Dans une conversation à cœur ouvert avec mon collègue Pierre Durocher, il s’était interrogé sur sa capacité d’atteindre la Ligue nationale.

C’était lors de la saison 2004-2005 alors qu’un lock-out paralysait les activités de la LNH.

Plekanec se débrouillait pourtant bien à Hamilton.

À sa première saison professionnelle, il avait récolté 46 points en 77 matchs. Il suivit avec des performances de 66 et de 64 points, mais il manquait néanmoins de confiance.

Finalement, il aura connu trois saisons de 60 points et plus avec le Canadien, dont un sommet de 70 points lors de la saison 2009-2010.

Deux ans auparavant, il avait totalisé 69 points en ayant comme ailiers Alexei Kovalev et Andrei Kostitsyn.

Des choix en banque

Marc Bergevin bougera-t-il encore en cette dernière journée des transactions ?

Seul son coiffeur le sait.

Les rumeurs envoient Max Pacioretty un peu partout.

Ainsi, l’une d’entre elles dit qu’il pourrait passer aux Panthers de la Floride en retour de Nick Bjugstad, un joueur de centre gros format.

Ce dernier a bien fait à ses deux premières saisons complètes dans la Ligue nationale, mais il offre des performances en demi-teinte depuis trois ans.

À sa défense, il faut dire qu’il a raté plusieurs matchs en raison d’une blessure l’an dernier.

On verra bien.

Que Bergevin ait obtenu, entre-temps, un choix de deuxième ronde au prochain repêchage en retour de Tomas Plekanec n’est pas si mal. Il en possède maintenant quatre au deuxième tour.

Il faudrait bien maintenant que quelqu’un fasse bien ses devoirs en vue du repêchage.