/24m/urbanlife
Navigation

Mile-End: les commerces n'échappent toujours pas à l'embourgeoisement

Mile-End: les commerces n'échappent toujours pas à l'embourgeoisement
SARAH DAOUST-BRAUN/24 HEURES/AGENCE QMI

Coup d'oeil sur cet article

L’embourgeoisement produit toujours son effet dans le quartier Mile-End à Montréal, ce qui force des commerces comme le café Cagibi à plier bagage, ne pouvant faire face à une hausse de plus de 100 % du prix de son loyer.

«Ça va nous permettre de survivre. On n’est pas super contents de partir d’ici», a indiqué Julien Lemieux-Audet, un employé du café qui s’occupe du déménagement du commerce, ouvert depuis plus de 10 ans au coin de la rue Saint-Viateur et du boulevard Saint-Laurent.

Le café coopératif, qui est aussi une salle de spectacle, ouvrira ses portes dans un nouveau local dans la Petite-Italie en avril. L’établissement faisait face à une hausse de 117 % du prix de son loyer, passant de 3417 $ par mois à 7500 $.

Mile-End: les commerces n'échappent toujours pas à l'embourgeoisement
SARAH DAOUST-BRAUN/24 HEURES/AGENCE QMI

«On a un bail qui arrive à échéance l’année prochaine. On a essayé de le négocier, mais ça s’est mal passé», a soutenu Julien Lemieux-Audet.

Les propriétaires Jeremy Kornbluth et Brandon Shiller, qui possèdent aussi d’autres locaux commerciaux sur la rue, n’ont pas répondu à la demande d’entrevue du «24 Heures» lundi en fin de journée.

«Le café Cagibi est un commerce parmi tant d’autres sur Saint-Viateur qui ont connu le même sort, a expliqué le conseiller de ville dans le Mile-End Richard Ryan. Je condamne les propriétaires qui laissent des locaux vides parce qu’ils n’ont pas eu leurs prix.»

Son arrondissement et la Ville de Montréal ne peuvent agir sur les prix des loyers, qui sont soumis aux lois du marché et à la spéculation immobilière.

En avril 217, le café Chez Boris sur l’avenue du Parc a aussi dû fermer ses portes en raison d’une augmentation du prix de son loyer.

Réfléchir l’embourgeoisement

Une séance de discussion a eu lieu lundi soir au Théâtre Rialto pour discuter des effets positifs et négatifs de l’embourgeoisement dans différents quartiers montréalais comme le Mile-End, mais aussi Hochelaga et Saint-Henri.

«C’est la réalité du coin. La qualité de vie, le tissu social s’en trouvent appauvris quand des commerces comme le Cagibi ferment», a signalé Isabelle Anguita du Comité des Citoyens du Mile-End, qui a organisé l’évènement en collaboration avec l’organisme Montréal Pour Tous.

Cette dernière plaide pour une implantation de logements sociaux plus systématique. Une coopérative d’habitation de 90 logements ouvrira d’ailleurs ses portes dans le Mile-End à l’automne. À l’heure actuelle, 1500 personnes sont inscrites sur sa liste d’attente, a précisé Isabelle Anguita.

L’administration de Valérie Plante a promis en campagne électorale de construire dans un premier mandat 12 000 logements sociaux et abordables.

Le conseiller Richard Ryan, qui habite dans le coin depuis plus de 30 ans, espère d’ailleurs faire de l’embourgeoisement la priorité de la prochaine Commission sur le développement économique et urbain et l’habitation, dont il est le président.