/news/currentevents
Navigation

Elle découvre le karaté à 87 ans

Une femme de Laval fait des arts martiaux pour la première fois après avoir gagné un concours à l’épicerie

Hélène Chénier est la plus vieille recrue inscrite au Groupe Karaté Sportif. Elle est assise à côté de sa monitrice Jade Gingras.
Photo Carl Vaillancourt Hélène Chénier est la plus vieille recrue inscrite au Groupe Karaté Sportif. Elle est assise à côté de sa monitrice Jade Gingras.

Coup d'oeil sur cet article

Une Lavalloise de 87 ans a commencé le karaté il y a quelques mois, après avoir remporté un concours au supermarché de son quartier.

Hélène Chénier n’a jamais eu l’intention de s’inscrire dans une activité sportive comme le karaté. Toutefois, la résidente de l’île Verte, à Laval, a remporté un concours à son épicerie Métro, à Sainte-Dorothée, en septembre.

« Je me disais que je ne gagnerais probablement pas. M. Cantin m’a appelée pour dire que je gagnais huit semaines gratuites dans son école de karaté à Sainte-Dorothée. J’y suis allée et j’ai vraiment eu la piqûre », a expliqué Hélène Chénier lors de sa pratique hebdomadaire.

Marcellin Cantin, président de la bannière Groupe Karaté Sportif, qui compte près de 40 centres d’entraînement au Québec, a alors décidé de prolonger son concours en lui donnant un abonnement gratuit à vie.

« Mme Chénier a tellement de plaisir à venir les lundis. Elle rit tout le temps, c’est plaisant de voir une personne âgée trouver son compte chez nous », a raconté celui qui a cofondé le Groupe il y a 25 ans.

Si la dame ne fait pas de combats, elle tente le plus possible de faire les mêmes mouvements que les autres tout en demeurant assise sur une chaise.

L’importance de rester jeune

Hélène Chénier avoue que le karaté a fait des miracles sur sa santé physique.

« J’ai de l’arthrose, c’est difficile pour moi de bouger, mais j’aime cela. Ça craque partout. Je me sens courbaturée le lendemain, mais je me sens mieux », explique celle qui fait les mouvements martiaux sur sa chaise avec l’aide de sa monitrice Jade Gingras.

En plus des bienfaits sur sa santé physique, cela lui permet de se changer les idées, alors que son conjoint souffre de Parkinson. Ce dernier réside dans un CHSLD à Laval, où sa femme lui rend visite tous les jours pour lui donner son dîner.

« Elle passe des heures chaque jour avec son conjoint. Le karaté lui fait tellement de bien psychologiquement. Tout le monde l’aime en plus », a renchéri son entraîneur Marcellin Cantin.

Populaire chez les aînés

Outre la nouvelle recrue, le centre d’entraînement de karaté sportif, à Sainte-Dorothée, compte un groupe d’une quinzaine de personnes âgées de plus de 55 ans. Une initiative qui s’est installée graduellement depuis quelques années.

« On nomme ça du “mouvement martial”. Ça leur permet de travailler la souplesse musculaire et la méditation. On remarque une croissance de la popularité de ce groupe dans notre gym », a expliqué le propriétaire du centre, Marcellin Cantin.

Un premier emploi à 57 ans

L’âge n’a jamais été un frein dans la vie d’Hélène Chénier. Après avoir appris à nager à 50 ans, elle a fait son entrée sur le marché du travail à l’âge de 57 ans comme agente immobilière avant de prendre sa retraite à 80 ans.

Après avoir connu son mari il y a 65 ans, Hélène Chénier a passé la majeure partie de sa vie comme femme au foyer, comme plusieurs femmes de sa génération.

Pendant la trentaine d’années où elle a demeuré chez elle pendant que son conjoint travaillait, elle a développé ses qualités dans différentes formes d’art, comme la peinture et la couture.

Toutefois, ce n’était pas suffisant pour elle. C’est ce qui l’a poussée, dans les années 80, à apprendre à nager.

« Mon mari travaillait pour Bell. Il devait aller à l’extérieur souvent. J’ai décidé de suivre des cours de natation avec des enfants, question d’apprendre. Il n’y a pas d’âge pour savoir nager », lance-t-elle en ricanant.

Un retour sur les bancs d’école

À l’âge de 54 ans, Hélène Chénier a également décidé de retourner sur les bancs d’école pour obtenir son diplôme d’études secondaires, qu’elle n’avait jamais terminé à l’adolescence. Par la suite, elle a décidé de suivre sa formation pour devenir agente immobilière.

Environ deux ans après le début de ses cours, elle a réussi avec succès son examen final. Elle a obtenu son permis d’agente immobilière en 1987, à l’âge de 57 ans.

« C’était quelque chose que j’avais toujours voulu faire. Pour moi, il n’y a pas de mots pour décrire le sentiment que j’ai vécu cette journée-là. C’était vraiment spécial », raconte celle qui a toujours travaillé dans le secteur de Laval.

Elle a pris sa retraite à 80 ans après une carrière de 23 ans comme agente immobilière.

« Je suis certaine que j’aurais pu continuer. Je donne encore des conseils aux gens à l’occasion. Je suis une passionnée, faut croire », lance-t-elle en riant.