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Assurance médicaments: le projet d’Ottawa fait craindre une intrusion dans les compétences provinciales

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OTTAWA | La volonté du gouvernement fédéral de mettre en place un système d’assurance médicaments au pays soulève des craintes d’empiètement sur les compétences provinciales en santé, tant à Québec qu’au sein des partis d’opposition fédéraux.

«Si on veut un jour créer un système d’assurance médicament au Canada, il faut quand même réaliser que le Québec l’a fait à ses frais depuis plusieurs années», a réagi le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, au lendemain du dépôt du budget fédéral.

L’exercice financier prévoit la formation d’un comité chargé d’étudier sur la mise sur pied d’un régime national d’assurance médicaments.

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a expliqué mercredi, durant une allocution à Ottawa, que le système projeté ressemblerait à celui en vigueur au Québec, c’est-à-dire un système accessible à quiconque ne dispose pas d’assurances privées.

«Inquiétant pour les provinces»

«Quand on regarde le comportement d’Ottawa en santé depuis des années, c’est très inquiétant pour les provinces», a dit de son côté le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Son homologue fédérale, la ministre Ginette Petitpas Taylor, n’avait pas voulu se prononcer sur la question du Québec la veille en point de presse, sous prétexte que le projet n’en était encore qu’à ses premiers balbutiements.

À Ottawa, tant le Parti conservateur que le Bloc québécois ont dénoncé les visées centralisatrices du gouvernement Trudeau. «C’est un début d’intrusion du fédéral dans les champs de compétence provinciaux en santé. C’est complètement contre la constitution canadienne», a critiqué le député de Beauce, Maxime Bernier.

Immédiatement après le dépôt du budget mardi, la chef du Bloc québécois Martine Ouellet a plaidé en faveur d’un droit de compensation pour le Québec si des fonds sont alloués aux autres provinces canadiennes.

«On ne demande pas la charité, c’est les taxes et les impôts des Québécois», avait-elle déclaré.

De son côté, le premier ministre Couillard a affirmé mercredi que «tout ce qu’on peut récupérer, on va le récupérer.»

Un fardeau très lourd

Pour le Nouveau Parti démocratique, qui milite depuis longtemps pour un régime national d’assurance médicaments, il va de soi que le Québec devra toucher sa part des fonds si des sommes sont octroyées aux autres provinces canadiennes.

Mais le chef du parti, Jagmeet Singh, ainsi que son lieutenant québécois, Alexandre Boulerice, ont insisté mercredi pour dire qu’un tel régime est nécessaire.

«C’est quelque chose qu’on prône. Le prix des médicaments est un fardeau très lourd sur les personnes âgées et les familles. Mais il ne faut pas que le fédéral impose sa vision, il doit travailler avec les provinces pour trouver des solutions», a fait valoir M. Boulerice au Parlement avant la période des questions.

Son parti reproche d’ailleurs au gouvernement son manque d’empressement dans le dossier.

 Avec la collaboration de Marc-André Gagnon, Bureau parlementaire