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​Hydro-Québec craint des hausses de tarifs salées

Les projets de promoteurs de cryptomonnaies seront limités et encadrés

Un employé d’un centre de forage de cryptomonnaies à Farnham vérifie les ventilateurs qui refroidissent les serveurs.
Photo Reuters Un employé d’un centre de forage de cryptomonnaies à Farnham vérifie les ventilateurs qui refroidissent les serveurs.

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Hydro-Québec craint de devoir hausser de façon importante les tarifs d’électricité de ses clients résidentiels au cours des prochaines années pour répondre aux imposants besoins en énergie des mineurs de cryptomonnaies qui veulent venir s’installer au Québec.

Dans une lettre envoyée hier aux promoteurs de forage de cryptomonnaies (dont Le Journal a obtenu copie), Hydro-Québec Distribution soutient qu’elle ne « pourra alimenter la totalité des installations visées par les projets qui lui ont été présentés en raison de leur impact sur la demande lors de pointes hivernales » sur son réseau électrique.

Hydro-Québec dit avoir reçu au cours de la dernière année une centaine de projets pour exploiter des centres de forage de cryptomonnaies.

Le forage de cryptomonnaies nécessite des ordinateurs puissants pour effectuer des calculs complexes en échange d’un gain monétaire. Dans le cas du bitcoin, la plus connue de ces cryptomonnaies, les mineurs reçoivent une petite fraction du bitcoin.

Plus de 10 000 MW

Selon des experts consultés par Le Journal, la centaine de projets de forage de cryptomonnaies déposés chez Hydro-Québec pourraient représenter une demande supplémentaire sur le réseau de 10 000 mégawatts (MW).

Hydro-Québec s’attend à ce que la demande en pointe hivernale passe de 37 853 MW cette année à plus de 40 460 MW en 2025 sur son réseau.

« Ce serait l’équivalent de deux nouvelles centrales hydro-électriques comme Churchill Falls qu’Hydro-Québec aurait à construire. On parle d’investissements qui pourraient atteindre plusieurs milliards $ », a indiqué une source gouvernementale.

Hydro-Québec soutient qu’elle doit s’assurer de respecter son engagement de limiter les hausses de tarifs à un niveau inférieur ou égal à l’inflation, précise dans la lettre le vice-président d’Hydro-Québec Distribution, Éric Fillion.

Pour le 1er avril prochain, Hydro-Québec réclame à la Régie de l’énergie une hausse moyenne de 1,1 % des tarifs d’électricité résidentiels.

Récemment, le ministre des Ressources naturelles, Pierre Moreau, disait vouloir faire payer davantage les promoteurs de cryptomonnaies, appâtés par l’électricité peu coûteuse du Québec.

« Les entreprises de bitcoins, qui sont extrêmement énergivores, veulent s’installer au Québec. Il faut s’assurer d’encadrer ce type d’entreprise pour éviter qu’Hydro-Québec ne voie l’ensemble de ses capacités de production absorbées », indiquait-il.