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Il tue sa mère et sa grand-mère par rage et veut mourir en prison

Christian Pépin
Photo Courtoisie Christian Pépin

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Un Montréalais de 35 ans qui a tué sa mère et sa grand-mère par rage a plaidé coupable à deux meurtres prémédités mercredi, en espérant mourir en prison pour éviter de tuer le reste de sa famille.

«Je me suis fait justice moi-même, j’ai décidé ce soir-là que ces deux personnes ne feront plus de mal psychologique aux autres», s’est écrié Christian Pépin dans la salle d’audience du palais de justice de Montréal.

Le meurtrier dit assumer ses gestes commis en décembre dernier, après un souper de famille. Il semble avoir agi par vengeance pour les agressions qu’il dit avoir vécues dans son enfance. Et il s’attend à écoper d’un minimum de 50 années de pénitencier, soit 25 ans pour chacun des meurtres.

«Monsieur va probablement mourir en prison», a lancé le juge qui semblait hésiter à accepter un tel plaidoyer.

Mais cette possibilité ne semble pas effrayer l’accusé.

«Ça va peut-être être dans le gymnase, on va voir, a-t-il répondu en riant. Si je sors, ça va être leur tour.»

Il s’en est ensuite pris verbalement à des membres de sa famille présents dans la salle.

«T’es qu’une vidange, a-t-il crié en regardant l’un d’eux. Mon grand-père c’est un abuseur!»

Un proche a quitté la salle, tandis qu’un autre l’a copieusement insulté en le traitant de «lâche» et de «poubelle».

Sapin de Noël

Le double meurtre est survenu le 3 décembre dernier, dans la résidence familiale. Ce soir-là, il y avait un souper de Noël et juste après, toute la famille était allée chez un proche pour décorer un sapin.

Mais Pépin n’y était pas allé. Au retour de sa mère Diane Champagne, une chicane a alors éclaté. Le meurtrier est allé dans la cuisine et est retourné poignarder sa mère à cinq reprises pour ensuite l’étouffer.

«Il est allé fumer une cigarette, il a passé du temps dans la cuisine, et il a décidé de s’en prendre à sa grand-mère Paulette Robidoux et de la tuer», a expliqué la procureure à la Couronne Anne-Andrée Charrette.

La femme, qui dormait dans la chambre à coucher, a été poignardée trois fois. Pépin a ensuite appelé les policiers.

Coupable

Dès sa première comparution, Pépin a annoncé qu’il voulait plaider coupable, même si la peine automatique en est une à vie. Son avocat Tom Pentefountas s’est assuré d’expliquer toutes les possibilités à son client, mais ce dernier n’a pas démordu.

«C’est ma décision à moi, c’est tout simplement ça, a-t-il dit au juge en haussant le ton. Y’a un paquet de choses que ma famille ne sait pas. Ce que j’ai fait à ma mère, c’est ce que je lui ai fait. Un moment, la violence, c’est assez.»

Visiblement en colère, Pépin a ensuite expliqué qu’en détention préventive, il partageait ses cellules avec «des pédos et des vidanges».

«J’ai essayé de tuer mon codétenu à cause de ce que j’ai vécu», a-t-il dit.

Pépin pourrait connaître sa sentence lundi prochain.