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Invitation de Jaspal Atwal: le gouvernement indien tire à boulets rouges sur une théorie du Canada

Une invitation pour un ex-extrémiste sikh n’aurait pas été orchestrée par des Indiens

Justin Trudeau lors de sa visite de huit jours en Inde la semaine passée, que plusieurs qualifient de « désastre ».
Photo AFP Justin Trudeau lors de sa visite de huit jours en Inde la semaine passée, que plusieurs qualifient de « désastre ».

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Le voyage de Justin Trudeau en Inde pourrait avoir fait plus de mal que de bien aux relations indo-canadiennes, alors que le gouvernement indien a publié un communiqué pour dénoncer les propos d’un conseiller du premier ministre.

« On dirait que le gouvernement canadien est arrivé à la conclusion que le gouvernement indien est capable de faire de la magie noire qui lui permet de contrôler le député libéral ou le haut-commissariat canadien en Inde qui ont invité Jaspal Atwal à la soirée », a lancé l’ex-haut-commissaire de l’Inde au Canada, Vishnu Prakash.

« Ridicule »

« C’est totalement ridicule et démoralisant à entendre, parce que ça augure mal pour les relations entre le Canada et l’Inde. Une relation internationale est bâtie sur la confiance, et celle-ci a clairement été ébranlée », a-t-il ajouté.

Ses commentaires ont aussi trouvé écho chez Achin Vanaik, ancien professeur de relations internationales à l’Université de Delhi.

Mardi et mercredi, le premier ministre Trudeau a fait face à un tir groupé des partis de l’opposition au sujet d’une « théorie du complot » avancée aux médias par un fonctionnaire canadien très haut placé à la demande du bureau du premier ministre.

Homme controversé

Cet homme, identifié par les conservateurs comme le conseiller à la sécurité nationale et au renseignement Daniel Jean, a suggéré aux journalistes que certaines personnes du gouvernement indien auraient orchestré l’invitation de Jaspal Atwal à un souper d’honneur avec Justin Trudeau en Inde la semaine dernière.

M. Atwal est une figure très controversée en Inde et au Canada, car il a déjà purgé 20 ans de prison pour une tentative de meurtre envers un ministre indien en visite au Canada en 1986. Il a également fait partie d’une organisation séparatiste sikhe jugée terroriste par le Canada.

En guise de réponse à l’opposition, le premier ministre a réitéré sa confiance en la fonction publique et ses conseillers, tout en ajoutant que si l’un d’eux avait avancé cette théorie, il leur faisait confiance.

Cette réaction lui a valu une réponse acerbe du porte-parole du ministère des Affaires étrangères indien mercredi, qui a affirmé que la théorie canadienne est « sans fondements et inacceptable ».

Cette réaction vient jeter un froid additionnel sur le controversé voyage en Inde de M. Trudeau la semaine passée, déjà qualifié de désastreux par de nombreux observateurs politiques.

Selon l’ex-employé du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) Michel Juneau-Katsuya, la théorie avancée par le gouvernement canadien relève de « l’amateurisme total » qui aura sans doute des répercussions sur les relations avec l’Inde.

« Justin Trudeau vient de pointer du doigt pour ses propres problèmes le pays qu’il vient tout juste de courtiser pendant son voyage. C’est grossier et drôlement maladroit », analyse-t-il.