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Le scandale Gilbert Sicotte

Le scandale Gilbert Sicotte
Photo d'archives, AGENCE QMI

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Avez-vous entendu l’entrevue que  Gilbert Sicotte a accordée à Paul Arcand au 98,5fm, ce matin ?

Vous pouvez la réécouter ici.

Un homme ébranlé, atterré, qui ne comprend pas pourquoi il a été congédié par le Conservatoire après 30 ans d’enseignement.

En effet, c’est difficile de comprendre.

Rappelons cet étrange reportage de Radio-Canada et rappelons que le Conservatoire, après avoir suspendu temporairement Sicotte, avait procédé à une enquête.

Dans l’entrevue avec Arcand, Sicotte raconte qu’année après année il recevait une évaluation de son enseignement qui était positive. « Ce qui me surprend, c'est que pendant toutes ces années-là, les commentaires de la direction étaient toujours qu'ils étaient heureux de m'avoir, de mon enseignement. Et tout à coup, cette année, ceci arrive. » 

Pourquoi alors, si le Conservatoire l’évaluait positivement, ce retournement de situation ?

Pourquoi, si l’enseignement de Sicotte est si horrible, les 32 étudiants actuels du Conservatoire se sont-ils portés à sa défense ?

 

Sicotte était odieux une année et génial celle d’après ? Odieux avec un élève et adorable avec l’autre ?

 

Gilbert Sicotte faisait l’objet de plaintes de harcèlement psychologique. Mais il a raconté ce matin que lorsque le Conservatoire l’a rencontré dans le cadre de l'enquête, on lui a demandé s'il avait déjà dit à des étudiants qu’ils n’étaient pas à leur place en théâtre.

« C’est un devoir des professeurs de dire à un élève qu’il n’est pas à sa place » a expliqué Sicotte. Avec raison.

Il l’a peut-être dit en élevant le ton, il l’a peut-être même dit en sacrant. Mais si on commence à reprocher à un prof de dire à un étudiant que celui-ci n’est pas à sa place dans la discipline qu’il a choisie, on n’est pas sortis du bois.

 

Gilbert Sicotte a fait l’objet d’un documentaire-hommage à Radio-Canada en 2016. Comme je l’écrivais dans un blogue précédent, au tout début Sicotte s’exprime : « « Je suis un professeur ...(hésitation). Je ne suis pas un professeur gentil. Je suis un professeur exigeant. »

 

Pourquoi en 2016, au moment de la diffusion de ce docu très flatteur, aucun des élèves maltraités par Sicotte ne s’est manifesté ? Si les méthodes de Sicotte étaient si horribles, le réalisateur Luc Cyr aurait été à même de le constater, non ?

Si Sicotte a eu une méthode inacceptable, est-ce que ça s’est échelonné sur ses trente années d’enseignement ou n’a-t-il dérapé qu’à quelques reprises ?

Et si c’est le cas, pourquoi ces dérapages n’ont pas été signalés à la direction du Conservatoire au moment des faits ?

Depuis le début, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans « l’affaire Sicotte ». Plus de questions que de réponses. Et des morceaux du casse-tête qui ne s’imbriquent pas les uns dans les autres.

La décision du Conservatoire de rejeter Sicotte après toutes ces années de service est une autre fausse note dans ce concert de grincement de dents.

Et une triste, triste, triste fin de carrière pour un homme qui a donné 30 ans de sa vie à l’enseignement.