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Savoir partir

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Le plus grand service que Martine Ouellet pourrait rendre au Bloc québécois, au Parti québécois et à la cause indépendantiste serait de quitter la vie politique sans tambour ni trompette, en se faisant oublier le plus vite possible. Ses bourdes et son entêtement l’ont conduite à un échec retentissant, qui met en péril l’existence même du BQ et qui torpille les efforts de remontée du PQ.

Conflit larvé

Madame Ouellet a raison de dire que la crise qui secoue son parti trouve ses origines dans un conflit qui existait avant son arrivée, mais cela n’a rien de rassurant en soi. Au contraire, sa déclaration révèle surtout son incapacité à résorber les tensions et à mobiliser ses troupes dans une même direction.

Sa venue à la tête du Bloc est le résultat d’un coup de force de la minorité de députés qui la soutient et qui avait précipité la course à la direction pour court-circuiter d’autres candidatures éventuellement plus intéressantes. Mario Beaulieu avait fait appel à Gilles Duceppe pour sauver la mise, lors de la dernière élection fédérale, mais il vivait difficilement avec la conception de celui-ci sur le rôle du Bloc à Ottawa.

Devenu minoritaire au sein de la députation avec les Barsalou-Duval et Gill, Beaulieu a orchestré une habile prise de contrôle des instances du parti pour imposer Martine Ouellet, une indépendantiste radicale comme lui, qui fait fi de la réalité et démontre peu de pragmatisme.

Faiblesse extrême

Le BQ ne s’est jamais tout à fait remis de la dégelée de 2011 et a vu sa base de militants se diluer au point d’une fragilisation qui a permis le gâchis actuel. Le redressement passe par le groupe majoritaire de députés et le délestage des boulets que sont devenues la chef et la députation minoritaire.

La survie du parti n’est pas assurée, mais le maintien de Martine Ouellet garantit sa disparition.