/news/currentevents
Navigation

Un armurier prêt pour la guerre

Un présumé trafiquant d’armes avait ce qu’il fallait pour monter des centaines d’AK47 ainsi que des silencieux

Coup d'oeil sur cet article

Un Montréalais accusé de trafic d’armes cachait chez lui de quoi fabriquer près de 600 fusils d’assaut AK47 et 180 silencieux, selon la preuve recueillie par les policiers.

« Les pièces permettaient de monter une arme opérationnelle qui pouvait tirer convenablement », a plaidé hier la procureure Josiane Laplante au procès d’Anatoliy Vdovin.

Vdovin, un résident de Côte-des-Neiges âgé de 48 ans, a d’abord attiré l’œil des autorités américaines en 2015 lorsqu’un agent fédéral de l’État de l’Alabama a découvert une annonce internet proposant la vente de carcasses d’AK47. Cette pièce sert de base à la fabrication de ce célèbre fusil d’assaut automatique de fabrication russe, capable de tirer 600 coups à la minute.

Un armurier de la police de Montréal a pu fabriquer un AK47 fonctionnel avec les pièces saisies chez l’accusé.
Photo courtoisie
Un armurier de la police de Montréal a pu fabriquer un AK47 fonctionnel avec les pièces saisies chez l’accusé.

 

L’agent spécial s’est alors fait passer pour un potentiel client prêt à acheter cinq carcasses pour 380 $ US. Lors d’échanges courriel, Vdovin aurait mentionné qu’il vendait aussi des silencieux.

Une fois la transaction réalisée, l’agent fédéral recevait par la poste cinq carcasses d’AK47, envoyées du Québec.

L’agent a ensuite pu acheter huit silencieux pour 1120 $, ainsi que d’autres pièces permettant de monter un fusil d’assaut automatique.

Les chargeurs d’AK47 pouvaient contenir 30 ou 40 balles, alors que la limite légale est de cinq.
Photo courtoisie
Les chargeurs d’AK47 pouvaient contenir 30 ou 40 balles, alors que la limite légale est de cinq.

 

Infiltration

Les autorités montréalaises ont immédiatement été prévenues qu’un potentiel trafiquant d’armes opérait au Québec. Et rapidement, Vdovin a été ciblé comme principal suspect.

Un agent d’infiltration s’est alors rendu à une adresse où Vdovin avait été vu. C’est là qu’il a rencontré un certain Vitaly Pohrebniak. Après discussion, l’infiltrateur est parti avec deux boîtes contenant 316 carcasses d’armes AK47.

Des pièces et des outils pour monter les armes.
Photo courtoisie
Des pièces et des outils pour monter les armes.

 

Pohrebniak, 50 ans, est lui aussi accusé, mais il assure qu’il ignorait tout du trafic allégué de Vdovin. Son avocat, Yann Trignac, a ainsi demandé l’acquittement de son client.

« Sa version n’a pas de sens, il gardait du matériel pour M. Vdovin et il savait ce qu’il en était », a rétorqué Me Laplante.

Les policiers ont saisi plus de 600 carcasses d’AK47, qui servent de base à la fabrication de ce fusil d’assaut automatique.
Photo courtoisie
Les policiers ont saisi plus de 600 carcasses d’AK47, qui servent de base à la fabrication de ce fusil d’assaut automatique.

 

Imposant arsenal

En perquisitionnant le domicile de Vdovin et un entrepôt, les policiers ont alors fait une impressionnante découverte. Plus de 600 carcasses d’armes ont été saisies ainsi que les pièces permettant la fabrication de 179 silencieux.

Ils ont aussi découvert huit chargeurs de 31 balles pour pistolet 9 mm, alors que la limite légale au Canada est de 10 balles.

Quant à ceux pour armes longues, il y en avait 16 qui pouvaient contenir 30 munitions et plus, bien que la loi permette des chargeurs de cinq balles tout au plus.

Anatoliy Vdovin, Accusé
Photo courtoisie
Anatoliy Vdovin, Accusé

 

Vdovin aurait aussi entreposé des plans de construction d’AK47 ainsi que des pièces et des outils permettant leur fabrication.

Avant d’être accusé de trafic d’armes, Vdovin a fait les manchettes à la suite de son arrestation pour avoir conseillé le meurtre de Ian Lafrenière, le porte-parole de la police de Montréal.

Il y avait aussi de quoi fabriquer 179 silencieux.
Photo courtoisie
Il y avait aussi de quoi fabriquer 179 silencieux.

 

Il attendait son procès derrière les barreaux, mais même en détention préventive, il aurait tenté de recruter un codétenu afin qu’il vende des silencieux pour lui. Selon nos informations, il aurait également tenté de vendre des armes automatiques, des Glocks (pistolets autrichiens) ainsi que des pistolets .32.

Un jury a finalement acquitté Vdovin d’avoir conseillé le meurtre de Ian Lafrenière. Le verdict pour le trafic d’armes est quant à lui prévu pour mai. Dans ce dossier, l’accusé n’a pas témoigné et son avocat Fabio Dell’Aquilla n’a pas présenté de plaidoirie.