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Une page difficile à tourner pour Alex Harvey

Une page difficile à tourner pour Alex Harvey
Photo Didier Debusschère

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Moins d’une semaine après sa douloureuse quatrième place obtenue aux Jeux olympiques de Pyeongchang, le Québécois Alex Harvey retrouve une certaine quiétude.

«C’est de mieux en mieux, je commence à tourner la page», a-t-il indiqué, mercredi, lors d’une entrevue téléphonique accordée à l’Agence QMI en provenance de la Finlande, où il doit poursuivre la saison de la Coupe du monde.

Des mots prononcés par sa mère Mireille l’aident notamment à avancer et à accepter le sort que lui ont réservé les derniers Jeux.

«Elle m’a rappelé que les Jeux olympiques, ce n’est pas la fin du monde, a noté Harvey. J’ai l’impression d’avoir tout donné et je peux avoir la tête haute.»

Difficile à accepter

Même avec un certain recul, cette quatrième position à l’épreuve de 50 km demeure difficile à accepter, d’autant plus qu’il a été devancé au fil d’arrivée par deux athlètes de la Russie. Pour lâcher prise, Harvey préfère toutefois croire qu’il n’a pas été battu par des dopés.

«J’aime penser que les skieurs russes de la nouvelle génération sont propres, a-t-il affirmé. Je dois leur donner le bénéfice du doute.»

Si la deuxième place d’Alexander Boshunov a une certaine logique, il faut toutefois admettre que le troisième rang d’Andrey Larkov est davantage surprenant, en vertu de ses performances du passé. Encore une fois, pour son bien, Harvey passe l’éponge.

«Tout le monde s’entraîne fort pour les Jeux olympiques, j’aime mieux croire que tout a cliqué pour lui cette journée-là, a commenté Harvey, à propos de Larkov. J’ai terminé quatrième et pour l’accepter, je dois croire que les autres l’ont fait proprement.»

Une médaille par la poste

Le Québécois refuse donc de spéculer outre mesure. Il n’espère pas non plus recevoir un jour une médaille de bronze par la poste. Ce serait même, selon lui, son pire cauchemar.

«Tu fais quoi? Tu reçois une médaille par la poste et tu la garroches dans le fond d’un tiroir?», a-t-il questionné.

Harvey a déjà vécu un tel sentiment. Aux Championnats du monde junior en 2007, le Québécois avait fini quatrième à l’épreuve du 20 km, mais il avait obtenu la médaille de bronze sur le tard quand un fondeur tchèque, Ondrej Horyna, avait éventuellement échoué un test antidopage.

«Je ne veux pas revivre ça, a-t-il affirmé. Le bout de métal, c’est une chose. Mais c’est l’impression de se faire voler un moment qui est difficile. On fait de la compétition pour ces moments de pure joie et de pur plaisir qu’on peut partager avec toute son équipe.»

Au point où il en est, Harvey préfère demeurer au pied du podium olympique. Son merveilleux moment en compagnie des entraîneurs et l’équipe de fartage, il est déjà passé à côté.

Une décision curieuse

Malgré sa résilience, l’athlète québécois ne s’empêche toutefois pas de participer au débat pour améliorer la situation entourant le dopage dans le sport.

À ce niveau, quand le Comité international olympique a annoncé qu’elle levait sa suspension de la Russie, mercredi matin, Harvey n’a guère été impressionné.

«J’ai trouvé ça curieux, a avoué le Québécois. Ce n’est pas comme si les Russes avaient montré patte blanche à Pyeongchang. Ils ont eu le culot d’envoyer deux dopés à ces Jeux olympiques.»

Harvey faisait alors référence au joueur de curling Alexander Krushelnytsky, qui a perdu sa médaille de bronze gagnée à la compétition mixte, puis à une participante à l’épreuve de bobsleigh à deux, soit Nadezhda Sergeeva.

La Scandinavie, puis le mont Sainte-Anne

Après les Jeux olympiques de Pyeongchang, Alex Harvey se retrouve maintenant en Scandinavie pour conclure le calendrier de la Coupe du monde.

Ce sera d’abord Lahti, en Finlande, puis la Norvège et la Suède au cours des prochaines semaines.

«Je cible surtout une bonne performance au 50 kilomètres, la semaine prochaine, en Norvège», a avoué Harvey.

Cette course encerclée au calendrier est prévue le 10 mars, à Oslo.

Le Québécois reviendra ensuite au Québec, où une toute autre compétition l’attend. Il prévoit effectivement prendre part à la première édition de la Loppet du mont Sainte-Anne, le 31 mars.

«J’y serai pour le plaisir, j’ai le goût de le faire», a-t-il mentionné, précisant que son père Pierre sera aussi au départ du marathon de 48 kilomètres tout comme sa petite sœur Sophie.