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Des millions pour cartographier plusieurs zones inondables

Le gouvernement a présenté jeudi un plan d’action visant à limiter les dégâts futurs

Plus de 5300 résidences ont été inondées au printemps 2017, comme ici à Saint-Placide, au bord de la rivière des Outaouais.
Photo d’archives, Martin Alarie Plus de 5300 résidences ont été inondées au printemps 2017, comme ici à Saint-Placide, au bord de la rivière des Outaouais.

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Québec va cartographier plusieurs zones inondables de la province d’ici cinq ans pour limiter les dégâts comme ceux causés par les inondations du printemps dernier.

 

C’est ce qu’a annoncé le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux jeudi matin en conférence de presse dans son plan d’action visant à « rendre le Québec plus résilient aux catastrophes ».

Une mesure saluée par Daniel Dancause, conseiller principal chez Prudence Groupe Conseil, une firme spécialisée dans la gestion des risques.

La meilleure nouvelle

<b>Martin Coiteux</b><br />
Ministre de la Sécurité publique
Photo d'archives, Simon Clark
Martin Coiteux
Ministre de la Sécurité publique

« C’est la meilleure nouvelle des 40 dernières années, affirme-t-il. Les effets des changements climatiques vont s’accroître avec les années et en général on est toujours en réaction aux événements. Mais là, pour une fois, on investit dans des mesures de prévention. »

Le ministre Coiteux a annoncé des investissements de près de 50 M$ pour financer son plan, incluant un programme d’aide aux municipalités pour qu’elles se dotent de plans d’urgence dans les 18 prochains mois.

Mais la grosse partie des fonds, soit 27,4 millions $, ira à la mise en place de cartes ciblant les zones inondables. Ainsi, 20,5 M$ serviront à actualiser la cartographie dans les régions de Montréal, Québec, Gatineau et la MRC de Maskinongé notamment.

Un autre montant de 6,9 millions $ sera alloué au consortium scientifique Ouranos qui aura pour mandat d’évaluer les effets du réchauffement climatique. Il travaillera aussi à développer des outils pour établir les cartes des lieux à risque.

Les résultats de ces recherches ne devront pas être attendus avant trois à cinq ans, selon le directeur général d’Ouranos, Alain Bourque.

« Notre rôle n’est pas de créer les cartes nous-mêmes », explique M. Bourque qui précise que le financement reçu s’étale sur cinq ans.

Propriétaires affectés

« Le gros défi sera surtout de prendre ensuite des décisions politiques difficiles pour restreindre le nombre d’habitations en zone inondable », dit-il.

Le ministre Coiteux reconnaît d’ailleurs qu’il pourrait y avoir des changements de réglementation dans certains lieux et que cela pourrait affecter les propriétaires.

« Les gens déjà installés en zone inondable pourront rester, mais ça ne veut pas dire qu’ils pourront reconstruire à cet endroit en cas de sinistre, dit M. Coiteux. Il est de notre responsabilité de prévenir ces personnes des risques qu’elles encourent et de limiter les dangers. »

 

Un programme d’indemnisation plus rapide

<b>Hans Gruenwald</b><br />
Maire de Rigaud
Photo d'archives, Agence QMI
Hans Gruenwald
Maire de Rigaud

Le ministre Coiteux a indiqué qu’un nouveau programme d’indemnisation sera mis en œuvre dans les prochaines semaines, mais qu’il ne sera pas accessible aux sinistrés de 2017.

Sans dévoiler tous les détails, le ministre de la Sécurité publique a précisé que ce plan réduira le nombre d’intervenants auxquels les sinistrés devront s’adresser pour leurs demandes et accélérera leur traitement.

« Le Québec a tiré les leçons du printemps dernier », affirme M. Coiteux.

L’annonce est bien accueillie par le maire Hans Gruenwald Jr, dont la ville de Rigaud a été durement frappée par les inondations.

« Le gouvernement réalise enfin qu’il y a des choses à améliorer, dit M. Gruenwald. Les crues, nous y étions préparés, mais les longs mois de traitement des dossiers, c’est ce qui a été difficile pour les citoyens. »

Toutefois, comme le précise le sous-ministre associé à la Sécurité publique Jean Bissonnette, les nouvelles mesures ne s’appliqueront pas aux sinistrés de 2017. « Ce sera plutôt pour les futurs sinistrés », dit-il.

Selon les chiffres du Ministère, 6090 demandes de réclamations ont été ouvertes en raison des crues du printemps dernier qui ont touché 291 municipalités et 135 M$ ont déjà été versés aux sinistrés. « C’est du jamais-vu », souligne M. Coiteux.

Fonctionnaires formés

En comparaison, la Sécurité publique reçoit en général quelques centaines de demandes par année.

Des fonctionnaires de divers ministères seront formés pour prêter main-forte en cas de catastrophe.

Une bonne nouvelle tardive pour le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), qui dénonce la perte de 30 % des effectifs entre 2014 et 2017 dans la section Sécurité publique et incendie du Ministère.

« Quand il coupe, le gouvernement pense que ça ne se verra pas. Mais là, on voit les résultats », lâche Christian Daigle, président général du syndicat.

Un reproche que conteste M. Coiteux, préférant évoquer la centaine de personnes embauchées l’an dernier.

« J’espère que ces nouveaux effectifs ne vont pas être coupés à nouveau dans quelques mois, sinon on se retrouvera dans la même situation », conclut M. Daigle.