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La possible mort du Bloc nuirait au Parti libéral

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OTTAWA | Le Parti libéral de Justin Trudeau sortirait perdant d’une éventuelle mort du Bloc québécois, scénario que plusieurs prédisent si la chef Martine Ouellet continue de s’accrocher.

« Déjà, la tendance est à la baisse pour le Bloc québécois. En plus, en politique, dès qu’il y a de la chicane dans un parti, ça baisse de façon considérable », tranche le sondeur Jean-Marc Léger, pour qui ces électeurs pourraient se tourner vers le NPD ou les conservateurs en 2019.

Fin du Bloc

Le parti souverainiste à Ottawa s’est déchiré en deux clans alors que sept des 10 députés ont claqué la porte mercredi, insatisfaits de l’intransigeance de leur chef.

« Il faut que Martine Ouellet parte, c’est une question de vitalité du mouvement souverainiste », croit l’ex-bloquiste Réal Ménard, tout comme les ex-chefs Gilles Duceppe et Daniel Paillé.

Même le premier ministre Justin Trudeau y a vu « une bonne chose pour la cause fédéraliste ».

Pourtant, même le pire scénario pour le Bloc ne profiterait pas du tout à M. Trudeau, mais gonflerait au contraire les rangs d’autres partis d’opposition, selon plusieurs observateurs.

« Les 16 à 18 % qui ont voté Bloc sont beaucoup plus proches des conservateurs ou du NPD que des libéraux. Aucun point perdu par le Bloc ne va au Parti libéral », indique Jean-Marc Léger.

Pour l’ex-conseiller québécois de Stephen Harper Carl Vallée, les conservateurs et bloquistes courtisent à peu près les mêmes électeurs à l’extérieur de Montréal.

« Prenons la dernière élection partielle dans Lac-Saint-Jean, le vote “bleu” s’est divisé entre bloquistes et conservateurs, ce qui a fait passer le candidat libéral. »

Vote nationaliste

Le lieutenant conservateur au Québec, Alain Rayes, est aussi de l’avis que son parti souhaite obtenir le vote nationaliste.

« Le Parti conservateur est décentralisateur, reconnaît la nation québécoise, a offert un siège au Québec à l’UNESCO », énumère-t-il.

Le NPD a aussi récemment adopté des positions visant à plaire aux Québécois, comme la reconnaissance de « l’erreur historique » du rapatriement de la Constitution sans le Québec et l’instauration d’une seule déclaration de revenus. « On a peut-être quelques points à aller chercher [dans la baisse du Bloc], mais je pense que le NPD a plus à aller chercher parmi ceux qui votent libéral », nuance Farouk Karim, ex-attaché de presse du NPD sous Thomas Mulcair.

Les sept députés devenus indépendants ont tous l’intention de se représenter en 2019 et espèrent le départ de Martine Ouellet. Celle-ci a maintes fois répété qu’elle restera.

Une réunion du Bureau national du Bloc devra décider samedi si les sept seront officiellement expulsés du parti.