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Le fanatisme

Hedley
Photo Simon Clark À Québec lundi, les fans ne se sont pas gênés pour démontrer leur soutien au groupe Hedley.

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L’affaire remonte à novembre dernier, mais elle a été ébruitée au cours des derniers jours. La chanteuse britannique Dua Lipa a reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux. Qui sont les suspects ? Des fans de Taylor Swift.

Son crime ? Avoir choisi Kanye West au lieu de Taylor dans un questionnaire où elle devait indiquer sa préférence entre les deux stars. Aussi banal que ça.

Bien sûr, c’était filmé et ça s’est retrouvé sur YouTube. La vidéo date de 2016, mais quand les fanatiques de la pop star américaine l’ont retracée, ils ont fait payer cette traîtrise à Dua Lipa.

Entre deux émoticônes de serpent (dans le langage du web, ce n’est pas un compliment), des menaces pas très élégantes ont fusé. « J’espère que tu vas mourir », a lu la pauvre Lipa, qui affirme avoir répondu Kanye West sans songer une seule seconde à la chicane à n’en plus finir entre les deux vedettes.

« Je pensais à leur musique. Taylor est fantastique, mais j’aime tellement le hip-hop que j’aurais choisi Kanye contre n’importe qui », a-t-elle déclaré au RollingStone.

De Liszt aux Beatles

À ce point, on ne parle plus de simples admirateurs, mais de fanatiques dans le sens pathologique du terme. Et ça fait peur.

Le fanatisme en musique ne date pas d’hier. Il remonte même aux années 1840, quand le célèbre pianiste hongrois Franz Liszt s’est mis à déclencher des crises d’hystérie chez ses fans dès lors qu’il montait sur une scène. Les plus hardies – le féminin est employé ici à dessein – s’arrachaient ses foulards, ses gants et tentaient même de mettre la main sur une mèche de ses cheveux.

On a baptisé le phénomène la Lisztomania, un terme qui en a inspiré un autre qu’on connaît bien, la Beatlemania, pour décrire la frénésie hors du commun autour des Beatles.

Tous derrière Hedley

Quand on en restait à des cris et quelques évanouissements, le fanatisme demeurait somme toute inoffensif. À Québec lundi, les fans de la formation canadienne Hedley, pancartes à l’appui, ne se sont pas gênés pour appuyer leurs idoles qui traversent une période difficile.

Mais à l’ère des réseaux sociaux, là où tout ce qui a le potentiel de dégénérer finit effectivement par dégénérer, il atteint des sommets inégalés. Les accusations de nature sexuelle contre les membres du groupe Hedley viennent d’en fournir une autre désolante démonstration.

Les allégations de victimes anonymes ont tourné à la foire d’empoigne sur Twitter quand des admirateurs ont décidé de prendre la défense de leurs favoris.

Vrai, les faits allégués n’ont pas été prouvés en cour. Mais entre manifester un sain scepticisme et attaquer les plaignantes à coups d’insultes, il y a une petite gêne, beaucoup de civisme et pas mal de nuances qui se sont perdus quelque part.

Malheureusement, je vois mal comment on pourra éviter ce genre de dérapages dans un avenir prévisible.

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