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Le phénomène Saquon Barkley

Le porteur de Penn State en voie de devenir un talent rare à sa position

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Photo d'archives, AFP ​À Penn State, Saquon Barkley a fait la pluie et le beau temps. Dans le cadre du « Combine », à Indianapolis, il a vécu un véritable bain médiatique.

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INDIANAPOLIS | La coutume veut que les quarts-arrière obtiennent toute l’attention dans le processus du repêchage de la NFL, mais cette année, c’est un porteur de ballon qui pourrait se révéler le joueur le plus spectaculaire de la cuvée. Saquon Barkley montre en effet le potentiel pour devenir un talent générationnel à sa position.

Fort d’une carrière universitaire de trois saisons lors desquelles il a amassé 3443 verges au sol, 1195 par la passe et 51 touchés, le produit des Nittany Lions de Penn State devra faire ses preuves sur le terrain dans la NFL. Dans le cadre du «Combine», jeudi à Indianapolis, il a au moins réussi à largement passer le test médiatique.

Devant une myriade de journalistes, le porteur de 21 ans, reconnu comme un leader exceptionnel, a répondu en alternant parfaitement aplomb et humilité aux nombreuses questions, de manière posée et réfléchie.

«Je suis un joueur polyvalent. Je peux courir à l’intérieur comme à l’extérieur, capter des passes et bloquer. Je veux toujours continuer de m’améliorer et je ne suis jamais pleinement satisfait des différentes phases de mon jeu.

«Je suis un joueur très confiant en lui-même et je me dis que j’ai une chance à chaque jeu d’atteindre la zone des buts, peu importe que le ballon soit à une verge ou à 99 verges», a-t-il dit pour vendre sa salade.

Pas de favoris

Celui qui a grandi dans le Bronx à titre de partisan des Jets laisse pour l’instant tout favoritisme de côté.

Si certains espoirs qui l’ont précédé ont pu indiquer par le passé leur préférence à évoluer dans un marché plutôt qu’un autre, Barkley se voit revêtir n’importe quel uniforme.

«Peu importe l’équipe qui me choisira, ce sera un honneur. C’est un rêve depuis que je suis tout petit, donc qu’il s’agisse de quiconque, je vais me présenter, profil bas et prêt à travailler. Que je sois le choix 1, 5, 72 ou même le dernier, ça ne changera pas qui je suis. Je serai toujours un compétiteur passionné et un travaillant», a assuré le talentueux et costaud porteur de 230 lb.

Premier choix?

Les observateurs s’entendent pour dire qu’il ne devrait pas entendre son nom résonner à Dallas le 26 avril passé les cinq premiers choix. Certains estiment même que les Browns pourraient en faire l’élu au tout premier rang, ce qui en ferait le premier porteur à ouvrir le bal depuis l’immortel Ki-Jana Carter, incidemment un autre de Penn State, en 1995.

«À Cleveland, ils ont connu des années difficiles, mais il ne manque que quelques morceaux. Tu veux faire partie de quelque chose de plus grand que toi pour aider à construire un nouvel héritage. C’est une belle façon de laisser ta marque. Peu importe l’équipe, ce sera un moment spécial», a réitéré Barkley.

Belle cuvée

Avant de couler le bronze de Barkley pour le Temple de la renommée, mieux vaut toutefois prendre une grande respiration.

Depuis 1980, 27 porteurs de ballon ont été sélectionnés dans le top 5 au repêchage. Du lot, seulement huit ont terminé leur carrière dans la NFL avec plus de 8000 verges au compteur. Il faudra voir si les jeunes coqs Ezekiel Elliott et Leonard Fournette se joindront à ce groupe.

En attendant, Barkley pourrait potentiellement être l’unique porteur sélectionné au premier tour cette année, mais la cuvée ne s’annonce pas moins bonne pour autant.

Plusieurs d’entre eux s’illustrent à la fois au sol comme par la passe.

Et c’est sans parler du costaud Derrius Guice, de LSU, dont le style hargneux et sans compromis évoque les courses les plus agressives d’un certain Marshawn Lynch.

«Si tu ne me repêches pas, je vais faire vivre l’enfer à ta défensive», a d’ailleurs promis le jeune homme.

ÉVALUATIONS : Rien n’est laissé au hasard

Au «Combine», tout est évalué soigneusement en ce qui concerne les espoirs.

Jeudi, certains observateurs ont fait une histoire parce que le quart-arrière Baker Mayfield a été mesuré à 6 pi et 5/8 de pouce.

Plusieurs doutent qu’il ait la taille nécessaire et chaque huitième de pouce compte pour celui qui avait pourtant été mesuré à 6 pi et 3/8 de pouce, au Senior Bowl.

Dans la même veine, la main d’un autre quart-arrière, Sam Darnold, a été mesurée à 9 po et 3/8. Certains estiment que plus la main est grande, moins les risques de revirements sont élevés.

Plusieurs quarts ont même recours à des techniques élaborées de massage des mains afin de se donner toutes les chances avant la prise de mesures.

Oui, c’est fou de même!

Repêchage : Le «Combine» ne sourit pas à tous

Sur l’autoroute qui mène au repêchage, le «Combine» est considéré comme la voie de choix pour les espoirs. Il faut toutefois préciser que pour plusieurs, les petites routes mènent au même résultat.

Selon NFL Media, lors des cinq dernières années, une moyenne de 35 joueurs qui n’ont pas été invités au «Combine» ont néanmoins été repêchés.

Au contraire, une moyenne de 110 prospects durant la même période ont été invités au «Combine», sans être repêchés par la suite.

Cette année, il y a 326 invités à Indianapolis.

VIKINGS : Mike Zimmer honnête

La situation inusitée chez les Vikings, qui devraient se retrouver avec leurs trois quarts-arrière sur le marché des agents libres, fait jaser au «Combine».

Durant sa conférence de presse jeudi, l’entraîneur-chef Mike Zimmer a fait preuve d’une transparence que peu de ses collègues oseraient afficher.

«Je les aime les trois, mais il y a des points d’interrogation. Est-ce que Sam (Bradford) peut rester en santé? L’état de son genou est dégénératif. Est-ce que Teddy (Bridgewater) peut redevenir ce qu’il était? Et Case (Keenum) est-il celui qui a joué pour les Rams ou celui qui a joué pour nous?» a-t-il lancé.

Rien pour faire taire les rumeurs qui lient les Vikings à Kirk Cousins...