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L’éteignoir olympique

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La flamme olympique s’est éteinte dimanche dernier à Pyeongchang. Le Canada imbu de ses 29 médailles passe sous silence la contribution disproportionnée de la nation québécoise à ce butin.

Signe des temps : personne n’a parlé du fait que le Québec a fait plus que sa part, comme d’habitude, dans cette récolte, tout en demeurant totalement invisible, caché sous le drapeau unifolié.

Je me souviens qu’à chaque olympiade d’hiver, j’entendais ou lisais ici et là des commentaires à ce sujet. On se désolait de voir la nation ainsi effacée au profit d’un pays qui ne la reconnaît pas. Mais ces dernières semaines – et je lis tous les journaux –, la question a été évitée. Ignorance ou indifférence ? On s’est habitué, résigné.

L’école de l’effacement

L’époque est révolue où un olympien comme Jean-Luc Brassard s’indignait du ridicule placardage de drapeaux canadian pendant la fièvre post-référendaire des commandites, à la fin des années 1990. Lui-même n’était pas certain d’avoir envie de porter ce drapeau qui était maintenant censé effacer le sien... C’était dans l’air du temps.

Mais la génération Yes, Sir !, qui a grandi après la défaite référendaire, a accepté et internalisé la déroute nationale. Elle ne veut pas « politiser » le sport. Et quand la politique les passionne, elle ne veut pas parler de nation. Nos jeunes champions sont allés à l’école de l’effacement du Québec. Que l’on prononce leur nom à l’anglaise ? Pourquoi pas ? Yes, sir !

Tragi-comédie

Après sa semaine de l’Halloween en Inde (avec ses enfants qui n’ont apparemment pas besoin d’aller à l’école), le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, voit son étoile ternie.

Le mouvement souverainiste ne risque cependant pas de profiter du discrédit de cet adversaire politique. Il est trop occupé à sa tragi-comique débandade qui n’intéresse que les journalistes puisque le public, au fond, s’en fout... comme il se fout aussi que le Québec s’éteigne lorsque la flamme olympique s’allume.