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Un prof violent veut éviter d’avoir un casier

Il a frappé un élève de 10 ans dans un cours d’éducation physique

palais de justice de Montreal
Photo Chantal Poirier Mohamed Abdellaoui a perdu son emploi d’enseignant pour avoir frappé un élève de dix ans, mais il ne veut pas de casier judiciaire.

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Un professeur du primaire qui a maltraité un élève turbulent veut à tout prix éviter un casier judiciaire, même s’il n’a jamais exprimé ni remords ni regrets.

« Mohamed Abdellaoui a perdu son emploi, mais il a probablement perdu une carrière dans l’enseignement. C’est un père de famille qui devra se recycler et chercher un autre emploi », a lancé jeudi l’avocate de la défense, Brigitte Martin, afin de justifier sa demande.

Car depuis que son client de 48 ans a frappé un élève de 10 ans, en janvier 2017, il a d’abord été suspendu puis son contrat a été résilié. Et avec un verdict de culpabilité pour voies de fait, il ne pourra plus travailler pour une commission scolaire.

Le jour de l’incident, Abdellaoui donnait un cours d’éducation physique à des élèves d’une école d’Ahuntsic-Cartierville. Lors d’une partie de ballon-chasseur, la jeune victime s’est plainte de l’arbitrage et est allée changer le pointage sur le panneau d’affichage.

Mécontent, Abdellaoui a puni le garçon, mais ce dernier a continué d’être turbulent. Il a alors traîné le jeune de 10 ans dans son bureau et l’a soulevé par le cou pour le projeter légèrement vers l’arrière.

« Je suis encore plus fou que toi », avait dit l’accusé à la victime.

Sous le choc

Depuis l’incident, l’enfant a dû changer d’école et ses notes ont baissé, a témoigné sa mère à la cour, jeudi.

« Émotionnellement, ça a été difficile, a-t-elle dit en affirmant que son fils avait perdu une certaine joie de vivre. Il se sentait déprécié. »

Le jeune garçon a aussi eu peur d’aller témoigner à la cour, a poursuivi la mère.

« Mais il a pris son courage à deux mains, car il avait peur que ça arrive à d’autres enfants », a-t-elle dit.

Sursis

Pour la procureure Roxane Laporte, Abdellaoui devrait écoper d’un sursis de peine assortie de 40 heures de travaux communautaires. Car en maltraitant l’enfant, l’accusé a abusé de la confiance accordée à l’enseignant.

« La victime a dû changer d’école en raison de l’agression, a-t-elle plaidé. Pour un garçon de 10 ans, c’est comparable à une perte d’emploi pour un adulte. »

Mais la défense a rappelé que le crime paraissait « irréfléchi ». Depuis qu’il a commencé l’enseignement en 2010, Abdellaoui n’a jamais fait l’objet de mesures disciplinaires.

Le juge David Simon rendra sa décision le mois prochain.