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Des chaises libres à l’école

La surpopulation dans les écoles arrive au secondaire. L'école S
Photo Dominique Scali

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Il manquera 1000 places dans les écoles secondaires de l’ouest de Montréal d’ici deux ans. Cette information diffusée par Le Journal plus tôt dans la semaine va dans le sens de nombreuses autres manchettes. Les écoles montréalaises, primaires comme secondaires, débordent.

Ce n’est pas la hausse du taux de natalité qui fait déborder nos établissements scolaires. Notre natalité demeure très faible. Le flot d’enfants supplémentaires provient essentiellement de l’immigration. Les vagues de migrants récemment accueillis ont contribué aux besoins d’espace actuels.

Des familles arrivent au pays avec des enfants, ou encore de jeunes immigrants fondent une famille et donnent naissance à des enfants. Tant mieux : des enfants, le Québec en a besoin. Ils sont notre avenir, ils sont les contribuables qui vont payer lorsque nous serons vieux.

Toutefois, les conséquences du débordement sont ennuyeuses : des jeunes mangent dans leur classe ou dans le corridor, d’autres étudient dans des roulottes préfabriquées garées dans la cour d’école. Rapidement, la pression devient forte sur le gouvernement pour corriger la situation.

Plusieurs millions

Nous allons donc investir des millions pour construire de nouvelles écoles et en agrandir d’autres. Or, à quelques centaines de kilomètres de Montréal, de nombreuses écoles de régions disposent de locaux vides. Des régions où un exode de population et la faible natalité ont réduit considérablement le nombre de jeunes. Certaines écoles sont beaucoup moins fréquentées aujourd’hui, des centaines de jeunes en moins que durant les années 70 ou 80. Il y a des places libres.

Durant mes 15 ans à titre de député de Rivière-du-Loup, j’ai eu plus d’une fois l’occasion de besogner dans des dossiers d’écoles menacées de fermeture. Dans le milieu rural, le nombre d’enfants atteint des seuils tellement bas qu’ils ne justifient plus de maintenir l’école ouverte. Un dilemme d’une infinie tristesse pour une communauté.

Les écoles de Montréal débordent. En région, on manque de jeunes. Et si on régionalisait un peu l’immigration ?

L’État ne peut pas imposer aux citoyens un endroit où habiter dans un pays libre. Mais dans la mesure où les nouveaux résidents ne sont pas encore établis chez nous, il est possible de prévoir leur arrivée dans une région autre que la métropole. Jusqu’à aujourd’hui, ces expériences de régionalisation de l’immigration se sont soldées par des échecs.

Régionaliser

La situation que je décris dans les écoles ne devrait-elle pas au moins relancer le débat sur notre capacité à diriger des immigrants vers les régions. Le Québec pourrait faire d’une pierre deux coups. Réduire la pression sur les coûts de nouvelles constructions dans la métropole et aider la démographie des régions.

Plusieurs arguments au fil des années ont milité en faveur d’une régionalisation accrue de l’immigration. Les régions fournissent un milieu culturel qui facilite l’intégration des nouveaux arrivants. L’apprentissage du français risque également de se produire en accéléré au Saguenay, par rapport à une arrivée dans l’ouest de Montréal.

Le Québec a tenté des expériences en matière de régionalisation de l’immigration. Timides et relativement peu couronnées de succès. L’heure est peut-être venue de se montrer plus sérieux, à partir même du processus de recrutement et de sélection de nouveaux arrivants.