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Cloîtrés durant de longues heures après un attentat

Des Québécois ont été témoins du mouvement de panique au Burkina Faso

Des habitants de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, ont fui le centre-ville en panique hier après un double attentat meurtrier. Un grand panache de fumée noire s’est élevé au-dessus de la cité après l’explosion d’une voiture piégée.
Photo AFP Des habitants de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, ont fui le centre-ville en panique hier après un double attentat meurtrier. Un grand panache de fumée noire s’est élevé au-dessus de la cité après l’explosion d’une voiture piégée.

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Des Québécois installés au Burkina Faso sont restés cloîtrés chez eux pendant de longues heures hier après un double attentat qui a fait près de 30 morts dans le centre-ville de Ouagadougou.

« J’ai entendu une détonation, puis on a reçu comme consigne des autorités de rester chez nous. On est dans l’attente et il y a beaucoup d’incompréhension », a raconté au Journal la coordinatrice d’Oxfam­­­-Québec, Mylène Otis, qui vit près du centre de la capitale.

<b>Mylène Otis</b><br />
Oxfam-Québec
Photo tirée de Facebook
Mylène Otis
Oxfam-Québec

Une autre Québécoise, jointe au Centre d’étude et de coopération internationale basé au Burkina Faso, a indiqué avoir été témoin du mouvement de panique.

Attaques « terroristes »

« Il y avait un grand nuage de fumée noire et les gens essayaient de fuir la ville », a-t-elle indiqué, avant que la communication soit coupée.

Selon l’AFP, au moins 28 personnes ont été tuées dans des attaques coordonnées associant voiture piégée et tirs nourris à l’état-major des forces armées du Burkina Faso et à l’ambassade de France.

L’opération menée dans la matinée par plusieurs groupes d’hommes armés n’avait pas encore été revendiquée hier, mais le gouvernement burkinabè a évoqué une « attaque terroriste perpétrée [...] par des hommes lourdement armés non identifiés », condamnant des « actes lâches et barbares ».

Des assaillants ont commencé à tirer sur des passants en se dirigeant vers l’ambassade de France vers 10 h. Au même moment, un autre groupe s’attaquait à l’état-major avec une voiture remplie d’explosifs.

La situation a été maîtrisée vers 15 h. Huit membres des forces de l’ordre ont été tués et plus de 80 blessés, selon un bilan du gouvernement, qui a précisé que huit assaillants avaient été abattus.

Le pays ouest-africain est depuis 2015 la cible d’attaques djihadistes à répétition.

Plusieurs attentats

« On est vraiment désolé que cela nous arrive encore. Dès qu’on recommence à se sentir en sécurité, il y a une autre attaque », a déploré Mme Otis, qui habite le pays depuis 18 ans.

Le 13 août dernier, deux assaillants avaient ouvert le feu sur un café-restaurant faisant 19 morts et 21 blessés. L’attaque n’avait pas été revendiquée.

Le 15 janvier 2016, trente personnes, dont six Québécois, avaient été tuées lors d’un raid contre l’hôtel Splendid et le restaurant Cappuccino, dans le centre de Ouagadougou. L’attaque avait été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Selon Mme Otis, la sécurité dans le centre-ville a été renforcée depuis l’attentat de 2016. « Il y a des contrôles et une présence militaire en ville. Mais cela n’a pas empêché une autre attaque », a-t-elle dit.

– Avec l’Agence France-Presse