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Les séparatistes séparés

Les députés séparatistes du Bloc trouvent que leur chef parle trop de séparation!
Photo Boris Proulx Les députés séparatistes du Bloc trouvent que leur chef parle trop de séparation!

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Les séparatistes aiment tellement se séparer qu’ils se séparent entre eux.

Pensez à ça...

Avant qu’Option nationale ne se fasse hara-kiri, on avait trois partis séparatistes au Québec.

Et maintenant, on en a deux à Ottawa : le Bloc et le nouveau groupe parlementaire Québec.

Cinq partis séparatistes au pays !

C’est ce qu’on appelle être en business.

LA TOURETTE

Les partis séparatistes sont comme des vers.

Tu en coupes un en deux ? Il ne meurt pas, il se multiplie !

Les deux moitiés partent chacune de leur côté.

Pauvre Jean-François Lisée...

Alors qu’il fait tout pour redorer l’image de son parti, les séparatistes d’Ottawa se crient des noms, se tirent la langue et se couvrent de ridicule.

Les députés séparatistes du Bloc trouvent que leur chef parle trop de séparation, faut le faire !

C’est comme si les membres du Parti vert reprochaient à leur leader de trop parler d’écologie.

Heu... C’est parce que c’est la mission même de votre parti !

Vous voulez qu’elle parle de quoi ?

Il faut dire à leur décharge que Martine Ouellet est spéciale. La séparation, pour elle, n’est pas un but ou un idéal, c’est un tic, une compulsion.

« Madame Ouellet, je suis sur le chômage depuis six mois...

— Si on était séparé, ça se passerait pas de même !

— Je songe à vendre ma maison pour nourrir ma famille...

— La solution, c’est la séparation !

— Mon fils a un trouble d’apprentissage et songe à quitter l’école...

— Séparez-vous ! Séparez-vous ! »

Rendu là, ça ressemble au syndrome de Gilles de La Tourette.

Pour Martine Ouellet, la séparation est la solution à tout. Ça guérit les hémorroïdes, les reflux gastriques et les ongles incarnés.

Elle en vendrait en petit pot, si elle le pouvait.

T’étends ça sur tes rôties, le matin, tu peux même t’en mettre derrière les oreilles.

Elle est tellement obsédée par la séparation qu’elle fait passer Mathieu Bock-Côté pour Stéphane Dion.

PKP AVAIT RAISON

Et puis, il y a autre chose.

Martine a toujours raison. Toujours.

Elle roule à contresens sur la 20 ? Tout le monde roule à l’envers.

Il n’y a qu’elle qui a le bon pas.

« Les femmes font de la politique autrement, nous disent les féministes. Elles sont plus à l’écoute, plus rassembleuses, elles tiennent compte de l’opinion des autres et savent reconnaître leur tort. »

Oh yeah ?

Dites ça aux démissionnaires du Bloc, pour voir !

On a une loi sur l’aide médicale à mourir, au fédéral ? Eh bien, on devrait y avoir recours et aider le Bloc à partir dans la dignité.

Vingt-sept ans pour un parti, c’est honorable. Surtout un parti qui devait se saborder au lendemain de sa première campagne électorale.

Pierre Karl Péladeau avait raison : le Bloc ne sert qu’à justifier le fédéralisme.

Pourquoi nous séparer si nous pouvons défendre nos intérêts à Ottawa ?

Les péquistes regardent leurs camarades bloquistes se taper sur la gueule et se disent : « Avec des amis comme ça, pas besoin d’ennemis. »

Quant à ceux qui souhaitent voir Martine partir, vous rêvez en couleurs.

Vous avez plus de chances de voir la séparation du Québec de votre vivant que de voir ça...