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Panne de main d’œuvre chez nos manufacturiers

Le cas de l’usine Bridgestone de Joliette est un exemple du problème de recrutement de nos entreprises

Angela Kourouklis
Photo Pierre-Paul Poulin Angela Kourouklis, directrice des ressources humaines de l’usine Bridgestone de Joliette, explique les difficultés à recruter. « Ça prend environ deux fois plus de temps qu’avant », note-t-elle.

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Il y a 150 000 postes à combler en ce moment dans le secteur manufacturier québécois. La rareté, voire la pénurie de main-d’œuvre est généralisée et grave au point où la croissance économique du Québec est en jeu.

« C’est l’enjeu numéro 1 dans tous les secteurs, explique Véronique Proulx, présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ). La situation est absolument critique. Plusieurs entreprises, je dirais jusqu’à 95 %, ont de la difficulté à recruter. »

Le manque de main-d’œuvre est tel que plusieurs entreprises qui veulent croître ne peuvent tout simplement pas le faire. Et c’est encore plus vrai dans les régions.

Usine Bridgestone

À l’usine de pneus Bridgestone de Joliette, dans Lanaudière, « nous vivons un problème pour recruter des employés professionnels et en usine », raconte Angela Kourouklis, directrice des ressources humaines.

« C’est difficile. Ça prend environ deux fois plus de temps qu’avant pour trouver la bonne personne. En plus, nous devons composer avec les départs à la retraite. Il y a clairement une grande rareté de main-d’œuvre. »

D’ici trois ans, l’usine de Joliette devra remplacer plus de 200 personnes qui vont partir pour la retraite, sur un total d’environ 1300 employés.

Pour pourvoir leurs postes, l’entreprise mise sur la visibilité d’une grande entreprise internationale en région qui offre de très bonnes conditions de travail et une stabilité d’emploi. Ils ont environ 60 postes vacants actuellement.

« Nous prenons des gens avec un secondaire 5 et nous les formons nous-mêmes », dit Mme Kourouklis. Une des solutions de l’usine afin de combler son bassin de travailleurs.

Non qualifiés

Plusieurs postes affichés par les manufacturiers concernent les travailleurs non qualifiés.

Ce ne sont plus seulement les gens très bien formés qui sont recherchés. « Il y a des usines qui recherchent jusqu’à 50 ou 100 personnes », se désole Véronique Proulx.

« Il va nous falloir davantage d’immigration, pense-t-elle, et davantage en région. Des gens qui ne sont pas nécessairement qualifiés. Et ça prend plus de jeunes aussi, dit-elle. Il y a de la place pour les jeunes qui ne sont pas intéressés par le cégep ou l’université. Il faut valoriser ces métiers-là. Et les salaires d’entrée sont souvent supérieurs au salaire minimum. »

Pas de doutes, pour la présidente-directrice générale, « nous allons connaître des difficultés de recrutement pour plusieurs années encore ». Selon elle, il faudra miser sur l’automatisation, l’immigration et la valorisation des métiers manufacturiers.

 

10 000 entreprises manufacturières au Québec


150 000 emplois sont disponibles dès maintenant


Entre 75 % et 95 % des entreprises ont de la difficulté à recruter


1,2 million d’emplois seront à pourvoir dans les 10 prochaines années

Source : Manufacturiers et Exportateurs du Québec