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Le retour de l’enfant prodigue

Samuel Piette est heureux comme un roi avec l’Impact

Entraînement de l'impact
Photo Chantal Poirier Samuel Piette

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Samuel Piette a fait un long détour en Europe avant de se joindre à l’Impact en août dernier. À 14 ans, il quittait le nid familial afin d’aller poursuivre son développement scolaire et sportif avec le FC Metz, en France. Son parcours l’a mené plus tard en Allemagne et en Espagne. À 23 ans, il veut continuer à apprendre et à s’améliorer. Rencontre avec un athlète qui a de la personnalité.

C’est facile de réaliser une entrevue avec Samuel Piette. Le jeune homme est comme un livre ouvert. Il a la parole facile et il aime fraterniser.

Transition facile

Dans sa jeunesse à Repentigny, il était le bouffon de son groupe d’amis. Ce trait de caractère l’a servi lorsqu’il a quitté le Québec pour aller vivre en Lorraine.

Il était bien sûr un peu appréhensif au début. On ne quitte pas, après tout, ses parents et amis au début de l’adolescence pour un milieu qui nous est totalement inconnu sans se demander comment les choses vont se passer.

Piette ne s’est pas interrogé longtemps. Il s’est plu rapidement à Metz.

« Je logeais avec les autres joueurs étrangers de l’académie, raconte-t-il.

« Il y avait quelques Sénégalais et des Français qui provenaient de l’extérieur de la région. Il se crée toujours des liens d’amitié dans ce type d’environnement.

« Nous étions sous la responsabilité du directeur du dortoir. Un enseignant veillait à notre éducation. Nous étions bien encadrés. »

Pas le temps de chômer

Piette et ses coéquipiers n’avaient pas le temps de chômer pendant les dix mois qu’ils passaient à l’académie. Il revenait chez lui durant les vacances estivales et dans le temps des Fêtes.

« Je restais néanmoins en contact avec ma famille, mes amis et ma copine en tout temps, continue-t-il.

« En vivant au loin, j’ai raté des choses qui font partie du cheminement d’un jeune. Je suis revenu avec l’impression de ne pas avoir vécu mon adolescence. »

C’était le prix à payer pour la poursuite de son rêve. Il en est ainsi pour tous les jeunes qui font carrière dans le sport. Il faut s’imposer des sacrifices.

Piette n’a aucun regret. Il n’oubliera jamais ses années en Europe. C’est le genre de chose qui ne se présente pas à tout le monde.

Travail et plaisir

À 17 ans, il s’est retrouvé à Dusseldorf où il a joué durant deux ans. De là, il est allé en Espagne où il a évolué à La Coruna, Ferrol et Navarre.

Il portait les couleurs du CD Izzara lorsque l’Impact a obtenu son transfert dans la MLS. Le soccer qui s’y pratique est différent de ce qu’il a connu en Europe, mais il s’y plaît beaucoup.

« Le jeu est plus physique et on joue davantage nord-sud, explique-t-il.

« Ça demande une adaptation, mais j’adore. On est très bien traités. Les installations sont géniales ici. J’ai fait partie d’équipes de réserve de clubs évoluant en première division en Europe qui n’ont pas ce qu’on retrouve avec l’Impact.»

Piette apprécie le mode de vie du soccer nord-américain.

« En Europe, ma vie gravitait presque entièrement autour du soccer, dit-il.

« Ici, je suis dans le gymnase à huit heures. La séance d’entraînement suit et on quitte vers 14 heures. Je passe du temps de qualité avec les gens de mon entourage. Ça me permet de me changer les idées. »

La célébrité

Piette fait aussi connaissance avec un aspect qui lui était étranger durant ses années en Europe : la célébrité.

Les amateurs lui ont réservé un bel accueil lors de la présentation des joueurs de l’Impact, mercredi soir dernier, au cinéma Impérial.

« C’était vraiment cool ! lance-t-il.

« C’est plaisant de se sentir apprécié et appuyé par les fans. Je suis content de voir que des gens s’identifient à moi. Je n’avais jamais vécu ça auparavant.

« Peut-être que la popularité va m’ennuyer un jour, mais j’adore ça pour l’instant. »

Capitaine un jour ?

Dès son arrivée l’an dernier, Mauro Biello lui a fait une place dans le Onze partant, au poste de milieu de terrain défensif. Il a pratiquement disputé au complet les 11 matchs auxquels il a participé avec un temps de jeu totalisant 960 minutes.

On pense qu’il pourrait devenir capitaine de l’Impact un jour. Il a porté d’ailleurs le brassard noir lors d’un match préparatoire cette année.

« Je suis content, reprend Piette.

« Je ne suis pas revenu à Montréal seulement pour retrouver les miens. Je suis ici pour faire progresser ma carrière. Je joue pour un salaire et un contrat. Je ne suis pas en vacances. »

Rien de moins qu’une place dans les séries

L’Impact amorce aujourd’hui à Vancouver une septième saison dans la MLS. L’équipe s’engage sur une route jonchée d’obstacles. Samuel Piette sait très bien que ce ne sera pas facile, mais il va foncer tête première. Une participation aux séries n’est pas une utopie à ses yeux.

« C’est vrai qu’on a perdu un gros morceau en Zakaria Diallo (il ne jouera pas cette saison en raison d’une rupture du tendon d’Achille subie lors d’un entraînement), concède Piette.

« Les gens voient peut-être la saison qui commence comme une année de transition pour notre équipe. Mais de notre côté, on ne peut pas dire qu’on pense en fonction des prochaines années.

« On mise sur un personnel d’entraîneurs de haut niveau. Il faut que ça commence dès maintenant. Une participation aux séries, c’est faisable, c’est possible. Notre équipe a du caractère. Si on ne participe pas aux séries, ça va être une déception. »

Voilà qui est clair.

Du respect pour Piatti et Taïder

Piette voue un grand respect à «Nacho» Piatti et Saphir Taïder.

« À 33 ans, Nacho a obtenu les meilleurs résultats dans les tests physiques au camp d’entraînement, souligne-t-il.

« Je suis impressionné par le talent de Saphir, mais surtout par sa personnalité. Il ne vient pas ici pour l’argent. Il veut se développer comme joueur. C’est une bonne personne. Il n’y a aucun chialage avec lui. »

L’approche de Rémi Garde

Piette apprécie aussi l’approche du nouvel entraîneur en chef Rémi Garde.

« Je le connaissais de réputation, dit-il.

« C’est une très bonne personne. Il est franc et honnête. Il ne nous crie pas après quand on commet une erreur, ce qui est très important pour les joueurs. Ayant été joueur lui-même, on voit qu’il nous comprend.

« C’est le genre de chose qui peut avoir un impact sur l’attitude des joueurs dans les moments difficiles. Si ça ne va pas bien pour l’entraîneur et qu’on est derrière lui, on sait qu’il faut le sauver. »

Garde est entouré d’adjoints compétents.

« Il laisse le soin à ses adjoints de diriger les entraînements, explique Piette.

« Rémi apporte les ajustements et nous donne des petits trucs. Il lui arrive de me donner des conseils puisqu’il évoluait au même poste que moi durant sa carrière de joueur. C’est un fin connaisseur. »