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Nathan Shepherd, le seul Canadien au «Combine» de la NFL

Le joueur de ligne défensive en voie d’être repêché dans le circuit Goodell

Nathan Shepherd évolue avec les Tigers de Fort Hays. Seuls deux joueurs dans l’histoire de la NFL ont été repêchés après y avoir fait leurs armes.
PHOTO courtoisie, Ryan Prickett Nathan Shepherd évolue avec les Tigers de Fort Hays. Seuls deux joueurs dans l’histoire de la NFL ont été repêchés après y avoir fait leurs armes.

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INDIANAPOLIS | Parmi les 326 espoirs invités à se mettre en valeur au Combine de la NFL à Indianapolis, un seul est Canadien. Le joueur de ligne défensive torontois Nathan Shepherd n’a pas emprunté la voie rapide dans son tortueux cheminement, mais il se rapproche tout de même de la destination souhaitée.

Actuellement, il n’y a que 18 joueurs nés au Canada ou détenant la citoyenneté canadienne dans la NFL. Du nombre, onze évoluent sur la ligne défensive ou offensive. Shepherd, qui est passé sous le radar au sein d’un programme de division 2 à l’Université Fort Hays State, au Kansas, tentera de joindre les rangs lors du repêchage, du 26 au 28 avril.

Pour le moment, il a fait très bonne impression lors de ses tests physiques, dimanche, au Combine, notamment avec un sprint de 5,09 s sur 40 verges. Voilà qui est loin d’être vilain pour cette montagne de 6 pi 5 po et 315 lb sculptée dans le roc.

La plupart des analystes entrevoient qu’il sera choisi entre les rondes 4 à 7.

« J’ai passé beaucoup d’entrevues et le feedback est très positif. Les gens semblent impressionnés par ma persévérance, par le chemin que j’ai dû emprunter », a raconté Shepherd.

Quelques détours

Parlons-en, de ce chemin qui n’avait rien d’une route pavée ! Après qu’il a peaufiné son art comme secondeur au football scolaire en Ontario, l’un de ses entraîneurs a avisé Shepherd que malgré son énorme potentiel, sa seule chance de réaliser son rêve d’accéder un jour à la NFL passait par un changement de position, vers la ligne défensive.

À cette époque, en 2011, Shepherd dépassait à peine six pieds et pesait 205 livres. Les offres ne sont donc pas venues à lui, et seule l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, lui a ouvert ses portes.

Shepherd a poussé et pris du poids, s’appropriant un rôle éventuel de partant.

« Mais en 2013, j’ai connu des ennuis pécuniaires et j’ai dû quitter le programme », s’est-il remémoré.

Contraint de laisser le football, il s’est déniché quelques emplois, notamment dans une pépinière et une imprimerie, tout en maintenant un imposant programme d’entraînement.

« Quand j’ai eu assez d’argent de côté, les entraîneurs de Fort Hays m’ont contacté. Trois de leurs joueurs de ligne défensive montaient en grade, donc il y avait une opportunité pour moi. Au printemps 2015, je suis allé là-bas et j’ai payé ma première session. J’ai ensuite bénéficié de bourses pour continuer, et me voilà ici aujourd’hui ! » a-t-il expliqué, un large sourire au visage.

Encore du boulot

Même s’il a impressionné les dépisteurs au Combine et qu’il s’est fait remarquer cette saison avec 12,5 plaqués pour des pertes, dont quatre sacs du quart, Shepherd a encore beaucoup à accomplir pour prouver qu’il peut faire le saut dans la NFL.

Le niveau de compétition à Fort Hays State n’est pas optimal. D’ailleurs, seulement deux joueurs dans l’histoire de la NFL ont été repêchés après y avoir fait leurs armes.

Cet argument ne suffira quand même certainement pas pour semer l’ombre d’un doute dans l’esprit de Shepherd.

« Je n’ai jamais cessé d’y croire. Je ne savais pas comment, ni quand, ni où ça allait fonctionner, mais je savais que mon temps viendrait. J’essaie maintenant de garder mes œillères et de continuer de travailler. C’est seulement de cette façon que je peux grimper dans les classements en vue du repêchage. Quand le processus sera fini, ce sera le moment de regarder en arrière et d’apprécier ce qui m’arrive. Pas avant ! »