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Les employés de la C Series craignent l’arrivée d’Airbus

Plus de 92,3% ont voté hier pour une entente sécurisant leurs conditions de travail

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Les machinistes de Bombardier espèrent bien qu’Airbus ne va pas arriver « avec de gros sabots » au moment de négocier la prochaine convention collective en décembre prochain.

« Est-ce que ça m’inquiète ? Oui, je ne vous raconterai pas de menterie. C’est toujours inquiétant », a partagé le coordonnateur québécois du Syndicat des machinistes David Chartrand après une assemblée extraordinaire avec 3000 des 4400 membres à Montréal.

Priorité d’embauche, prêt de main-d’œuvre, reconnaissance d’ancienneté, maintien du fonds de pension... le syndicat a réussi à faire approuver à ses membres, dimanche, l’entente qui s’imbriquera dans la convention collective des deux entités Bombardier et SEC Avions C Series.

C’est pourtant l’arrivée d’Airbus qui était sur toutes les lèvres dimanche. Personne ne sait comment le géant va se comporter lors des négociations l’hiver prochain. « Est-ce que je pense qu’ils vont arriver avec de gros sabots ? Je ne le sais pas », a dit David Chartrand, représentant des 1070 syndiqués de la C Series.

Ombre d’Airbus

L’automne dernier, le PDG d’Airbus ne s’est pas gêné pour dire que son association avec Bombardier remplira « le besoin le plus urgent de la C Series, soit une réduction des coûts en s’appuyant sur l’expertise opérationnelle d’Airbus ».

Mercredi prochain, la haute direction d’Airbus doit dire aux syndiqués européens s’ils vont « déplacer ou supprimer 3600 postes » dans la foulée de la crise de l’A380 et de l’A400M, selon le magazine économique français Challenges.

« Vraie question »

Ce contexte inquiète l’agent de relance chez Bombardier Aéronautique John Murphy. « C’est ça, la vraie question pour nos syndicats. Comment Airbus va-t-elle négocier avec nous autres ? », s’est demandé l’homme.

« J’ai entendu qu’Airbus n’aime pas donner une pension, mais préfère donner un montant forfaitaire plutôt qu’un salaire chaque mois », a-t-il observé.

Même son de cloche de la magasinière Marie-Josée Mansi. « Je suis un peu inquiète, mais on n’a comme pas le choix », a-t-elle partagé.

L’électricien Michel Marcotte, œuvrant sur la C Series depuis le début, était, quant à lui, plus philosophe. « Est-ce qu’Airbus aurait intérêt à venir mettre la pagaille là ? Ça commencerait très mal », a-t-il conclu.

Rappelons que Québec a mis un milliard américain dans la C Series. Airbus a mis la main sur 50,01 % du programme à la suite d’une transaction qui ne lui a rien coûté. Bombardier a 31 % et le gouvernement du Québec, 19 %.