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L’année rêvée de Rose-Marie Perreault

Rose-Marie Perreault
Photo d'archives Rose-Marie Perreault

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Après «Ruptures» et «Mes petits malheurs», Rose-Marie Perreault joue un personnage furtif, mais déterminant, dans «Fugueuse». En outre, son nom apparaîtra au générique de sept films! À 22 ans, l’actrice peut-être fière du travail accompli.

 

Comment percevez-vous votre rôle dans la série «Fugueuse»?

Karine est hébergée dans un centre jeunesse où Fanny atterrit. On comprend d’ailleurs qu’elle s’est même déjà retrouvée dans le même groupe de fréquentations que Fanny. Pour cette dernière, la rencontre de Karine, qui a vécu à peu près les mêmes choses qu’elle, provoque un déclic. Mon personnage lui permet d’avoir une juste perception de la réalité.

Vous interprétez par ailleurs Mag, le rôle féminin principal du film «Les faux tatouages», présentement à l’affiche. Pour ce rôle, vous avez eu une mention spéciale au Festival international du cinéma francophone en Acadie, en novembre dernier.

Oui. Lorsque Pascal (Plante, le réalisateur) me l’a annoncé, je n’en revenais pas! Le 6 avril, le long métrage «La Bolduc» sortira en salle.

Vous y jouez la fille de la chanteuse, Denise, de l’âge de 19 à 25 ans. Qu’est-ce qui occupe votre personnage au moment où vous l’incarnez?

Pendant que sa mère est en tournée, Denise doit s’occuper de la maison et de ses frères et soeurs cadets. Elle doit en quelque sorte assumer le rôle de la maman. Alors qu’elle aurait voulu suivre un peu les traces de sa mère et devenir comédienne, son rêve se voit brisé par ses parents. Elle devra se limiter au rôle de femme à la maison. J’avais moi-même 21 ans au moment du tournage. C’est quand même particulier d’interpréter quelqu’un qui, au même âge que moi, se fait dire «non» à cause du système social de l’époque, alors que je réalise mes rêves.

D’autant plus que Denise a bel et bien existé.

Oui. Et j’ai voulu en quelque sorte lui rendre hommage, parce que c’est probablement la seule fois que son nom sera prononcé dans une salle de cinéma.

Toujours en 2018, on vous verra dans cinq autres films, dont «Le triomphe de l’argent» de Denys Arcand. Quel rôle y jouez-vous?

J’arrive à la toute fin et je joue Natasha, une escorte qui va un peu changer le destin d’un des personnages. Toutes mes scènes étaient avec Pierre Curzi. Ce fut assez impressionnant de me retrouver devant deux monuments comme Denys Arcand et Pierre Curzi.

Vos parents sont psychologues. Quel regard jettent-ils sur votre parcours?

Je pense qu’ils sont très fiers. À 16 ans, je suis déménagée de Trois-Rivières à Montréal et j’ai habité avec trois garçons qui travaillaient dans le domaine de la mode — un secteur dans lequel j’ai moi-même travaillé. Au début, c’était un peu inquiétant pour mes parents. Je voulais faire du cinéma, mais mes projets étaient vagues dans ma tête, alors j’imagine qu’ils l’étaient aussi pour eux. Sauf qu’ils ne m’ont jamais mis de barrières. C’est ma mère qui m’a d’abord fait découvrir le théâtre en m’y emmenant et c’est mon père qui m’a fait découvrir les films.

Votre carrière bat son plein. Comment vivez-vous cela?

Dire que l’an dernier, à pareille date, j’étais angoissée, je me disais que ma carrière était terminée! (sourire) Parce que je n’avais pas encore de projets annoncés et confirmés. Comme je n’ai pas fréquenté une école de théâtre, on dirait que je souffre toujours un peu du syndrome de l’imposteur.

Encore aujourd’hui?

Oui. Il diminue, mais il est encore présent. Ma façon de le combattre est de m’évertuer à être la meilleure actrice possible.