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Macron n’est pas un «défenseur grincheux» de la langue française

Le président de la France, Emmanuel Macron
PHOTO AFP Le président de la France, Emmanuel Macron

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PARIS | Le président français Emmanuel Macron n’est pas un «défenseur grincheux» du français: il n’hésite pas à parler l’anglais sur la scène internationale pour montrer que la langue de Molière «n’est pas enclavée».

«M’inspirant de l‘exemple nord-américain, j’ai toujours considéré que défendre le français, ce n‘était pas refuser de parler les autres langues», a affirmé M. Macron lundi lors d’un point de presse conjoint avec le premier ministre Philippe Couillard au palais de l’Élysée.

M. Macron n’a pas peur sur les scènes internationales à s’exprimer en français, mais aussi dans la langue du pays hôte et également en anglais. «Je pense que ça renforce la francophonie, de montrer que ce n’est pas une langue enclavée, mais une langue qui s’inscrit dans le plurilinguisme et l’échange avec les autres langues», a dit M. Macron.

Les francophones «doivent parler d’autres langues»

Pour M. Macron, le français a un avantage par rapport à l’anglais, ce langage «anglo-saxon qui se veut digérant les autres langages». Sa force, c’est que «la plupart des francophones doivent parler d’autres langues et ils se construisent dans la traduction et le plurilinguisme».

Le président met en opposition les «défenseurs grincheux» et les «défenseurs conquérant et ambitieux», dont il fait partie. Il promet d’ailleurs d’annoncer prochainement, pour le jour de la francophonie, une politique française de promotion du français «avec une volonté sur la scène internationale en matière d’éducation et d’ambition géographique, notamment sur le continent africain, avec la volonté de recouvrer une véritable ambition pour cette langue».

Le premier ministre Philippe Couillard a affirmé un peu plus tard en journée «que la majorité des Québécois pensent» comme M. Macron.

«On veut tous que notre langue soit la langue officielle en pratique et qu’on ait une véritable société francophone au Québec. Maintenant, ça n’empêche surtout pas d’apprendre une autre langue», a-t-il indiqué.

M. Couillard avait été critiqué pour avoir fait un discours uniquement en anglais lors de la conférence du Artic Circle en 2014 en Islande. «C’est très bien de parler sa langue, mais il faut comprendre que dans le monde d’aujourd’hui, il faut souvent parler au moins une autre langue», a-t-il affirmé.