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Des logements pour milléniaux précaires soulèvent des questions

Des logements pour milléniaux précaires soulèvent des questions
COURTOISIE/RÉSEAU SÉLECTION

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Un édifice comprenant 120 logements destinés aux milléniaux à Montréal soulève des questions chez les experts au sujet de la précarité de cette génération.

Concept réalisé «par et pour les milléniaux» de 20 à 35 ans, le nouveau complexe immobilier Yimby permet de louer un condo «clé en main» dès le mois de juillet dans l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie.

Réseau Sélection, l’entreprise derrière ce projet et qui est spécialisé dans les complexes résidentiels pour retraités, offre à ses locataires un appartement personnel et des aires communes multifonctionnelles pour organiser des fêtes ou même pour travailler dans des espaces de «co-working». Les prix des unités tournent autour de 990 $ à 2100 $ par mois.

Précarisation du travail

«C’est la première fois que je vois ce genre de concept à Montréal, a affirmé Louis Gaudreau, chercheur à l’Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).»

Selon lui, construire ce type de bâtiment pour une partie de la population aussi nichée est un signe de leur précarité.

«Les gens de cette génération Y vivent dans la précarité de l’emploi, ils n’ont pas de bureaux où travailler, ils sont pigistes à la maison et ce type de logements donnent une fausse impression de précarité enviable ou une sorte d’apologie de la transformation», s'est désolé Louis Gaudreau.

D’après une étude dévoilée par le quotidien britannique «The Guardian» en 2016, le revenu moyen disponible des Canadiens au début de leur vingtaine est de 20 % en dessous de la moyenne nationale.

Même son de cloche du côté de Priscilla Ananian, professeure au département d'études urbaines et touristiques à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

«Avec ce projet, on investit dans des micro-logements à proximité de tout. Pourquoi? Parce que le prix de l’immobilier est de plus en plus cher et on tente de s’adapter aux possibilités et aux moyens de ces jeunes professionnels qui vivent une certaine précarité», a noté Mme Ananian.

Selon Statistique Canada, 50,2 % des milléniaux âgés de 30 ans étaient propriétaire d'un logement en 2016, comparativement à 55,5 % des baby-boomers en 1981, à l'époque où ils avaient même âge.

Moment transitoire

Patrick Préville, directeur des relations publiques de Réseau sélection, est conscient que le projet Yimby vient en aide à la génération Y qui ne roule pas sur l’or.

«Les logements à Montréal sont trop chers, a-t-il affirmé. Les milléniaux ne veulent pas investir dans une maison ou un condo par peur de s’endetter. Par contre, Yimby permet à ces jeunes de mettre de l’argent de côté, tout en vivant bien, en attendant de devenir propriétaire plus tard.»

Entre 1987 et 2010 au Canada, les revenus des personnes âgées de 25 à 29 ans ont reculé de 4 % par rapport à la moyenne nationale. Durant cette même période, les 65 à 69 ans ont vu les leurs revenus grimper de 5 % et leurs aînés âgés de 70 à 74 ans de 16 %.