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Ma tante Gisèle ne peut pas être «diagnostiquée»

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Je terminais cette chronique, l’autre jour, en donnant raison à un lecteur, A. Labbé, qui remarquait qu’il est impossible – du moins en ce relatif début de siècle – de « greffer quelqu’un ». On peut, bien sûr, greffer une cornée, un rein, un foie. Mais pas ma tante Gisèle, que personne ne peut non plus « diagnostiquer ». On ne peut pas, en effet, « diagnostiquer quelqu’un ». On diagnostique quelque chose (chez quelqu’un). Ainsi, on pourra dire : « On lui a diagnostiqué un lymphome » ou « on (le médecin) a diagnostiqué un lymphome », ou encore « un lymphome a été diagnostiqué ». Tout dépend du contexte ou du reste de la phrase. Peut-on « sentencer » quelqu’un ? Difficilement. Ce verbe n’existe pas. Il fut un temps (que les moins de 175 ans – ou à peu près – ne peuvent pas connaître !) où le verbe « sentencier » et son participe passé « sentencié » trouvaient place dans le Dictionnaire de la langue française de Littré, qui donnait, ai-je lu quelque part, l’exemple suivant pour appuyer l’usage de ce verbe perdu : Un homme sentencié.