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Connaitre son rôle

Connaitre son rôle
Photo d'archives

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J’ai eu une très belle enfance. Ma maison était située dans un rond-point, on pouvait jouer au hockey dans la rue sans crainte de finir en rösti. Petite piscine hors-terre, plusieurs parcs et terrains de baseball dans les environs. Un American Dream, au Saguenay, Lalamerican dream.

Un des meilleurs souvenirs que je garde de mon enfance sont les soirées où ma grande sœur, mes parents et moi allions souper au restaurant. Nous avons mangé dans plusieurs endroits au fil des années, mais un restaurant revenait immanquablement. Vous le connaissez assurément, mais pour les bienfaits de l’exercice, je vais cacher son nom. Disons simplement qu’il s’agit d’un endroit à la fois très traditionnel et crémeux, vous voyez ce que je veux dire.

Dernièrement, ma femme, mon petit garçon et moi avons décidé de retourner dans ce temple de ma nostalgie. J’étais tout excité à l’idée de vivre ce moment, mais, cette fois, c’est moi qui serait l’adulte qui amène son enfant. Mon cerveau s’emballait de milles unes images des plats qui me seront proposés et mes papilles envoyaient déjà des décharges de salive vers ma langue. Je sais très bien qu’il ne s’agit pas du meilleur des restaurants, un expert dans le domaine serait même d’accord pour dire qu’il s’agit d’un fast food bien déguisé, et je serais d’accord avec lui. Mais si je vais dans ce restaurant c’est pas pour l’expérience culinaire en tant que telle, mais pour les souvenirs qui y sont rattachés.

J’aime savoir que certains endroits renferment encore, comme dans un coffre fort, la recette du voyage dans le temps. Une recette, une rigueur, un gout qui reste, malgré le monde qui tourne autour à toute vitesse. Malheureusement, lors de ma dernière visite, j'ai constaté que ce restaurant n’a pas su conserver l’âme que j’aimais tant.

J’ai été servi par un jeune homme qui, du haut de ses 21 ans (maximum), semblait me regarder de haut. Comme s'il avait gravit tous les échellons de l’échelle de la confiance, qui se grade de zéro à "je me prends pas pour de la merde".

Après avoir commandé nos trois plats et attendu un peu trop longtemps pour un resto pratiquement vide, nous avons été servis. Servis, c’est la façon polie de le dire, je dirais plus qu’on nous a garoché nos plats sur la table.

Première surprise, la commande que ma femme à fait pour notre fils n’est pas la bonne. On demande poliment de la changer. Notre charmant jeune homme nous annonce qu’il n’y a plus de ce que nous avions commandé, il jette l’autre assiette sur la table et quitte. Sans nous donner d’autres options qui pourraient mieux convenir.

Mon assiette et à la limite du tiède, l’accompagnement de ma femme n’est pas le bon, personne n’est venu nous voir pour nous demander si tout était correct.

Je ne demandais pas grand chose, pourtant. Juste me redonner une petite assiette de nostalgie et de futur bon souvenir à mon garçon. Parfois, avant de faire de nouveaux menus fancy à l’ardoise, ou de proposer de grands crus dans une cave à vin, il faudrait être capable de s’assurer que la base est bien faite. Parce que même la nouveauté est basée sur une tradition.