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Des vers de farine plutôt que du bœuf

Gabriel Dubois et Samuel Richard élèvent 35 000 vers de farine et 2000 ténébrions meuniers adultes dans un petit local à Louiseville. Quatre scorpions (dont un sur une main) y vivent aussi, car ils veulent faire des conférences dans des écoles.
Photo collaboration spéciale, Amélie St-Yves Gabriel Dubois et Samuel Richard élèvent 35 000 vers de farine et 2000 ténébrions meuniers adultes dans un petit local à Louiseville. Quatre scorpions (dont un sur une main) y vivent aussi, car ils veulent faire des conférences dans des écoles.

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LOUISEVILLE | Trois étudiants qui commencent un élevage de vers destinés à la consommation humaine expliquent que manger des insectes plutôt que du bœuf est meilleur pour la santé et pour l’environnement.

Samuel Richard, Gabriel Dubois et Jonathan Joly, trois étudiants en biologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), travaillent à multiplier les vers de farine, eux aussi destinés à finir leur vie en poudre.

Ils en ont 35 000 et visent une production de 2,5 millions par mois.

Les vers seront ensuite congelés ou bouillis, séchés au four, puis écrasés pour produire une farine forte en protéines, qui pourra être incluse dans les pâtisseries, le pain ou les barres tendres.

« J’en mangeais une fois de temps en temps quand je nourrissais mon lézard. J’ai mangé des vers de farine et des crickets, vivants, mais aussi séchés », raconte Samuel Richard.

Écologique et nutritif

Il croit qu’il n’y a que des avantages à consommer des insectes plutôt que du bœuf. Ils coûtent moins cher à produire, sont moins gras et tout aussi nutritifs.

Cent grammes de vers de farine contiennent en moyenne de 14 à 25 grammes de protéines, sensiblement la même chose que le bœuf haché. Ils comprennent aussi des vitamines, des minéraux et des acides gras essentiels.

Deux fois par semaine, les étudiants laissent des retailles de légumes dans les bacs d’insectes, séparent les vers, les pupes et les adultes, puis humidifient les bacs avec une bouteille qui pulvérise de l’eau. Le trio souhaite commencer à vendre à l’automne, mais n’a pas fixé ses prix pour l’instant.

Gabriel Dubois n’a cependant jamais mangé d’insectes. Il a surtout été attiré par le côté environnemental.

« Si on donne 10 kg de nourriture végétale aux insectes ou aux bœufs, on peut créer 1 kg de bœuf, mais 9 kg de vers », explique-t-il.

Pour produire un kilo de bœuf, on a besoin de plus de 15 000 litres d’eau, tandis que cela se compte en millilitres pour les insectes.


♦ Un projet de ferme d’insectes s’était établi à Frelighsburg, en Montérégie, mais a été récemment mis sur la glace en raison d’un problème de gouvernance. Les propriétaires sont à la recherche d’un investisseur.