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Doit-on craindre un tête-à-tête avec son patron?

Two confident business men have business lunch at restaurant
Nejron Photo - stock.adobe.com

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Lindsay-Anne Prévost - 37e AVENUE

 

Se retrouver en tête à tête avec son patron pour dîner peut être angoissant : on peut se demander comment agir ou craindre d’épuiser tous les sujets de conversation avant le plat principal. Au lieu de vous en faire, pourquoi ne pas saisir l’occasion pour demander de la rétroaction et grimper dans son estime?

«Ça peut être des moments stressants, car ça fait partie de la notion d’image publique. Les individus sont souvent préoccupés par ce que les gens vont penser d’eux», soutient Denis Morin, Ph. D., conseiller en ressources humaines agréé et professeur titulaire en gestion des ressources humaines à l’Université du Québec à Montréal.

Pourtant, les discussions informelles lors d’un repas, d’un café ou d’une pause aident à obtenir de la rétroaction sur ses performances, en plus de favoriser la cohésion au travail. «Il faut toutefois laisser de côté les tentatives de manipulation, avertit le spécialiste en intelligence émotionnelle. Un contexte amical exige de l’authenticité.»

Quoi dire ou comment agir?

Plusieurs études révèlent que les premières impressions sont influencées à 55 % par la gestuelle, le comportement et l’image d’une personne, à 38 % par le ton de sa voix et à seulement 7 % par le contenu de ses propos. Des experts ont également conclu qu’au travail, la personnalité prend le dessus sur les compétences. Ainsi, la façon d’agir avec son employeur serait plus importante que le contenu des conversations avec lui.

«Il faut développer de bonnes habiletés politiques : faire preuve d’introspection, essayer de comprendre l’autre, se montrer humble et transparent», dit Denis Morin. Selon lui, l’accessibilité et l’ouverture de l’employé, sa capacité à admettre ses faiblesses ou ses torts et sa manière de présenter son point de vue lui donnent aussi bonne figure.

On peut également préparer quelques questions pertinentes pour d’éventuels moments de silence, poser des questions ouvertes et démontrer son intérêt pour son travail. À l’inverse, mieux vaut s’abstenir d’étaler sa vie personnelle et de propager des ouï-dire.

Réunir les bonnes conditions

Le superviseur a aussi un rôle à jouer dans les discussions informelles. Il doit démontrer de la sollicitude dans ses échanges pour favoriser le développement de son personnel. «Demander de la rétroaction, par exemple, c’est montrer sa vulnérabilité. L’employeur doit être conscient que son employé s’expose en le faisant, et faire preuve de délicatesse, souligne le professeur. Les gens peuvent être très sensibles.»

Enfin, toutes les conditions doivent être réunies pour que les discussions informelles roulent comme sur des roulettes. Selon Denis Morin, l’environnement peut avoir un effet sur la qualité de la relation superviseur-subordonné, l’estime de soi, le sentiment d’efficacité personnelle et la satisfaction au travail de l’employé.

Évidemment, avant de penser aux sujets de conversation ou à la manière de se présenter, il faut s’assurer que la discussion profite aux deux parties, puisque beaucoup d’informations professionnelles seront échangées. «Est-ce que l’individu est prêt à aller chercher de la rétroaction? Il faut que ce soit utile et qu’il ressente que ça développera son sentiment d’efficacité et ses compétences», fait valoir l’expert en conclusion.