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Versions divergentes sur les 180 pannes de courant

Pendant qu’Hydro-Québec maintient son explication, le bureau d’une députée informe les citoyens du contraire

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La confusion règne dans le dossier des résidents de Saint-Philémon ayant enduré 180 coupures de courant en trois ans. Alors qu’Hydro-Québec maintenait l’hypothèse des problèmes causés par la végétation, les citoyens recevaient mercredi une information contraire du bureau de leur députée.

Anne-Marie Lemieux était complètement sidérée lorsqu’une employée du bureau de la députée libérale de Bellechasse Dominique Vien l’a contactée relativement à l’histoire qui était en une du Journal mercredi. La dame et son conjoint ont manqué d’électricité à 179 reprises depuis trois ans, un moment qui coïncide avec la mise en service d’un parc éolien à proximité de leur résidence.

<b>Anne-Marie Lemieux</b><br /><i>Résidente de Saint-Philémon</i>
Anne-Marie Lemieux
Résidente de Saint-Philémon

La citoyenne raconte que l’employée de la ministre lui a affirmé que les nombreux arbres dans le secteur ne seraient finalement pas la cause principale de leurs ennuis, selon des informations reçues d’Hydro-Québec. Pourtant c’est cette explication que la société d’État donnait aux citoyens depuis des mois et celle qu’on a également donnée au Journal.

« On m’a dit qu’ils savaient qu’il y avait un problème technique sur la ligne et que ce n’était pas les arbres ni les petites bêtes. La ligne serait brisée, elle ne serait pas correcte et ils le sauraient depuis deux ans.  Ce qui veut dire qu’ils ont continué de nous raconter des menteries » », soupire Mme Lemieux, qui doute depuis le début des causes évoquées par Hydro-Québec. « C’est rire des gens. »

Hydro-Québec garde sa position

Questionnée sur ces informations, la porte-parole d’Hydro-Québec a toutefois maintenu que les problèmes dans le secteur de Saint-Philémon étaient principalement causés par la végétation.

«C’est un problème multifactoriel, mais l’enjeu de la végétation est le plus gros morceau de ces facteurs-là. [...] Clairement, la maîtrise de la végétation était l’enjeu #1 pour rétablir la situation dans ce coin-là», indique Geneviève Gourde, incapable d’expliquer pourquoi une information contraire était parvenue aux citoyens. «Ce n’est pas juste une position officielle, c’est la réalité de ce dossier-là depuis deux ans.»

En plus de la présence d’arbres dans le secteur, Hydro-Québec dit être à la recherche d’autres facteurs pouvant causer les nombreuses coupures d’électricité. Une patrouille s’est notamment tenue hier pour identifier d’éventuels problèmes.

«On ne voulait pas juste élaguer et dire que ça allait régler le problème. [...] Il y a peut-être plus que la végétation, donc on a fait d’autres actions pour régler la situation», explique Mme Gourde, qui précise qu’un disjoncteur avait notamment été changé au cours des derniers mois.

Confusion totale

Questionné sur cette confusion, le bureau du ministre Pierre Moreau, responsable d’Hydro-Québec, confirme avoir eu écho de la situation. Des discussions avec le bureau de sa collègue Dominique Vien ont notamment eu lieu pour discuter du dossier. Des contacts avec Hydro-Québec ont aussi été faits pour obtenir des précisions.

«Quand on a vu l’article ce matin (hier), nous avons demandé un état de situation à Hydro-Québec», explique l’attachée de presse du ministre Moreau, Catherine Poulin, renvoyant toutefois vers la société d’État pour des précisions.

La situation fait rager au plus haut point Anne-Marie Lemieux qui n’en revient pas de voir la société d’État et un bureau politique offrir des informations aussi contradictoires. «Hydro-Québec me dit que c’est une erreur de communication. Je leur ai demandé si la dame du cabinet de la ministre m’avait donc raconté un mensonge, mais on me dit que non, que c’est juste un malentendu. Ça n’a même plus de sens», déplore la dame.