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Les exportations d’acier et d’aluminium aux États-Unis ne seront pas surtaxées: le Canada soulagé

C’est entouré de travailleurs américains de l’acier que le président américain, Donald Trump, a signé cette série de proclamations qui bloquent l’entrée à l’acier et à l’aluminium d’une majorité de pays, mais non du Canada, premier fournisseur des États-Unis.
Photo AFP C’est entouré de travailleurs américains de l’acier que le président américain, Donald Trump, a signé cette série de proclamations qui bloquent l’entrée à l’acier et à l’aluminium d’une majorité de pays, mais non du Canada, premier fournisseur des États-Unis.

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Le Canada et son industrie de l’aluminium peuvent pousser un soupir de soulagement... pour l’instant. Donald Trump va imposer des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium, mais le pays en sera exempté « pour une durée indéterminée », tout comme le Mexique.

La mesure confirmée jeudi après-midi par Donald Trump ne demeure pas moins une véritable « épée de Damoclès » pour l’industrie, croit le président-directeur général du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval, déplorant le flou sur la durée de l’exception accordée aux importations du Canada.

Car cette exception pourrait être abolie si les négociations d’un nouvel Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) sont un échec, a laissé entendre Donald Trump, jeudi.

« Si nous trouvons un accord, il n’y aura pas de taxes sur le Canada et le Mexique », a martelé le président. Or, rien n’est sûr pour le renouvellement de l’ALENA.

« C’est une pression, en disant qu’il faut régler l’ALENA. On attache les ficelles pour tenter de faire plier le Canada. On a de grandes préoccupations », a déploré M. Dorval.

Le Québec, incontournable

Le Canada est le premier fournisseur d’acier et d’aluminium des États-Unis, représentant 30 000 emplois au Québec seulement.

Les neuf alumineries du Québec produisent chaque année près de 3 millions de tonnes d’aluminium, ce qui représente 90 % de la production canadienne. Les exportations s’élèvent à 5 milliards $ par an, uniquement pour ce métal sous forme brute.

Le gouvernement Trudeau a exercé d’énormes pressions pour que le pays soit épargné. Des pressions qui semblent avoir porté leurs fruits.

À Ottawa, la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a soutenu que la lutte n’était pas finie. « Que le Canada soit considéré comme une quelconque menace pour la sécurité des États-Unis est inconcevable », a-t-elle dit.

« Nous avons travaillé d’arrache-pied avec nos homologues américains pour obtenir l’exemption de ces droits de douane pour le Canada. Les premiers ministres, les chefs d’entreprises, les dirigeants syndicaux et les parlementaires de toutes allégeances ont tous mis la main à la pâte. Le travail se poursuit. »

 

Ce qu’il faut savoir

  • Cette mesure impose une surtaxe de 25 % sur les importations d’acier et de 10 % sur celles d’aluminium.
  • Les États-Unis évoquent des questions de sécurité nationale pour justifier ces changements.
  • Deux pays sont exemptés, le Mexique et le Canada, en attendant la signature d’un ALENA renouvelé
  • D’autres pays pourraient bénéficier de l’exemption, en en formulant la demande.
  • La mesure entre en vigueur dans 15 jours.

 

Ce qu'ils ont dit

« Le travail se poursuit et ne cessera que lorsque la perspective de ces droits de douane disparaîtra totalement et de manière permanente. Aujourd’hui, nous faisons des progrès. » – La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland

« C’est un premier pas dans la bonne direction. [...] L’objectif demeure l’obtention d’une exemption permanente. » – Le président de l’Association de l’aluminium du Canada, Jean Simard

« Nous sommes soulagés par l’exemption temporaire, qui reconnaît que le Canada n’est pas le problème, mais [elle] crée une incertitude économique considérable pour les producteurs canadiens et nuit à l’avancement des renégociations de l’ALENA. Elle doit être permanente. » – Le directeur du syndicat des Métallos, Ken Neumann