/finance
Navigation

Floués par une entreprise ontarienne, des entrepreneurs québécois réclament 300 000 $

Coup d'oeil sur cet article

L'entreprise ontarienne Duroxo est montrée du doigt par plusieurs entrepreneurs québécois, qui lui réclament plus de 300 000 $ pour factures impayées.

En l'espace de deux semaines, J.E. a recueilli les témoignages d'une dizaine d'entrepreneurs et d'un ancien employé de Duroxo. Ils proviennent des quatre coins du Québec, mais les similitudes que présentent leurs témoignages sont troublantes. Ils racontent avoir été floués par Duroxo, qui ne leur aurait jamais versé le paiement final prévu dans leurs contrats respectifs.

«Je trouve que ça fait pitié, d'être obligé d'arnaquer de petites compagnies [où l'on ne veut que] travailler pour vivre», souligne Alexandre Mercier, contremaître chez RMG Construction, une entreprise familiale basée à Québec. M. Mercier et sa conjointe disent être passés à deux doigts de la faillite après leurs démêlés avec Duroxo, à qui ils réclament aujourd'hui un peu plus de 37 000 $.

«Je ne dirai pas tout ce que je pense du fond de mon cœur, mais du monde de même, ça ne devrait même pas avoir le droit de travailler», dénonce Michel Thériault, de Toitures DDG, à Saguenay. Jonathan Guimont et lui disent avoir perdu plus de 45 000 $.

L'histoire se répète

Ces entrepreneurs ont tous connu Duroxo par une publication Facebook dans laquelle l'entreprise annonçait chercher de la main-d'œuvre pour des chantiers ontariens où elle agit comme sous-traitant pour les donneurs d'ouvrage. Les entrepreneurs ont quitté leur famille au Québec pour aller travailler en Ontario durant des semaines, voire des mois dans certains cas. Mais ce qu'ils avaient d'abord perçu comme un alléchant contrat s'est rapidement transformé en véritable cauchemar.

«Leur but, avec chaque entrepreneur, était le même: les faire décourager, pour qu'ils s'en aillent de là, pour empocher», soutient Roby Gagnon, de Jorok Construction, à Gatineau. Il explique que la facture finale qu'il a envoyée à Duroxo n'a jamais été payée. Il réclame tout près de 45 000 $. M. Gagnon aurait même fait l'objet de tentatives d'intimidation par le grand patron de Duroxo.

«Les menaces, c'est qu'il disait savoir où j'habitais et puis qu'il allait venir me voir chez nous. Si, moi, je suis encore au travail, qu'il se pointe chez moi et que ma femme est [rentrée], je ne sais pas ce que cette personne est capable de faire.»

Dans la majorité des cas, les entrepreneurs disent avoir été inondés de listes de correctifs à la toute fin du projet. Correctifs qu'ils devaient réaliser à leurs frais, sans quoi il n'y aurait pas de paiement final.

«Aussitôt qu'on est partis de l'Ontario, là, il y avait tout le temps de quoi à refaire. J'ai eu des listes d'inspection que j'ai fait refaire deux fois [...] j'ai payé un entrepreneur de là-bas pour réparer. J'ai les signatures comme quoi l'inspecteur a accepté les travaux, que tout était beau, et là, il trouvait toujours d'autres choses», explique Jérôme Robitaille Pearson, propriétaire d'Empire Développement à Québec. Il a entamé une poursuite contre Duroxo et a obtenu un jugement favorable en date du 2 février. Duroxo devra lui verser un peu plus de 84 000 $, selon le jugement rendu par la Cour supérieure de l'Ontario.

«Le temps qu'on a été là, les chèques qu'on a eus, c'est rentré, c'était correct. C'est quand on est partis. Mais là, nous, on est au Québec. Lui, il se dit: “Ils sont à 12 heures de route, tant pis, ils ne reviendront pas”», fait valoir Jonathan Guimont, de Toitures DDG.

Dans l'émission de jeudi soir, l'équipe de J.E. pose des questions à un représentant de Duroxo qu'elle a retrouvé à Collingwood, en banlieue de Toronto. Duroxo soutient pour sa part que les travaux n'auraient pas été réalisés selon les règles de l'art.