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Sauver les caribous forestiers coûterait trop cher selon Québec

Il ne reste que 18 bêtes de cette espèce dans la région de Val-d’Or en Abitibi

Le caribou de Val-d’Or condamné à disparaître
Photo d'archives, Agence QMI Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, a laissé entendre jeudi qu’il ne ferait rien pour sauver les caribous forestiers de Val-d’Or. Selon des experts, cela reviendrait à condamner les 18 bêtes restantes à mourir. 

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Québec a renoncé à sauver les 18 caribous forestiers restants à Val-d’Or parce que ça coûterait trop cher. Des experts de la faune dénoncent que les bêtes viennent d’être condamnées à mourir.

Se basant sur un rapport préliminaire, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, a indiqué jeudi dans une vidéo publiée sur Facebook qu’il faudrait dépenser 76 millions $ en 50 ans pour sauver la population de caribous forestiers.

« Ces investissements nécessaires sont trop importants versus la probabilité de réussite qui, elle, s’avère très, très faible. Cette situation est triste, mais il faut être raisonnable », a-t-il dit, laissant entendre que rien ne serait accompli pour les sauver.

Les 18 caribous forestiers devraient donc disparaître d’ici quelques années ; il s’agirait d’un « échec » du ministère, selon des experts.

« On décide de les laisser mourir parce que, selon eux au ministère, c’est trop cher. Moi, je n’accepte pas cette décision et je compte poursuivre la bataille pour que le ministre Blanchette revienne sur son intention », lance Christian Simard, directeur général de Nature Québec, un organisme écologiste.

C’est un « miracle »

De son côté, le militant Henri Jacob estime que c’est un « miracle » s’il reste encore aujourd’hui des caribous à Val-d’Or, en raison des coupes forestières répétées depuis les 30 dernières années, les activités minières et la chasse s’y déroulant.

« Depuis trop longtemps, ils s’entêtent à remettre des permis pour couper la forêt, malgré les nombreux avertissements concernant le déclin des populations. On assiste année après année à une baisse. Ils ne vont jamais le reconnaître, mais ça fait longtemps qu’ils les ont condamnés », laisse tomber le président d’Action boréale.

La décision « d’abandonner » les 18 caribous crée un « dangereux précédent », soutient Pier-Olivier Boudreault, de la Société pour la nature et les parcs.

7000 autres caribous

« Je trouve qu’on présente un seul côté de la médaille. Ils jettent l’éponge trop vite. Ils n’ont pas de raison de prendre cette décision sans présenter une analyse de viabilité. Pourquoi ne pas regarder d’autres scénarios ? », se demande-t-il.

Selon le ministre québécois Luc Blanchette, « il est préférable de mettre nos efforts sur les 7000 autres caribous du Québec, là où nous avons une bonne chance de succès ».

Luc Blanchette, Ministre
Photo courtoisie
Luc Blanchette, Ministre

« Comment pourra-t-on lui faire confiance pour les autres, s’il agit comme ça envers ceux de Val-d’Or ? Ils permettent depuis des années des coupes au détriment de la conservation des populations », conclut Henri Jacob.