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Taxes sur l’acier et l’aluminium: exempté, le Canada reste ferme sur l’Aléna

Taxes sur l’acier et l’aluminium: exempté, le Canada reste ferme sur l’Aléna
AFP

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OTTAWA | La ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland a fermement rejeté jeudi toute concession du Canada dans le cadre de la renégociation de l’Accord du traité de libre-échange nord-américain (Aléna) comme l’a souhaité le président Donald Trump en exemptant le Canada et le Mexique de taxes sur l’acier et l’aluminium importés.

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«Nous traitons comme deux sujets séparés» les taxes sur l’acier et l’aluminium d’une part, et la renégociation de l’Aléna de l’autre, a indiqué Mme Freeland lors d’une conférence de presse.

Dans ce contexte, la décision de Donald Trump d’exempter provisoirement le Canada et le Mexique des taxes est simplement «un pas en avant», pour Mme Freeland, et le résultat d’un «travail énergique» de tous les responsables canadiens auprès de leurs homologues américains pour amener le président Trump à changer d’avis.

«Ce travail continue et il se poursuivra jusqu’à ce que la perspective de ces droits de douane soit levée en totalité et de façon permanente», a ajouté la cheffe de la diplomatie canadienne en charge des relations commerciales avec les États-Unis.

Mme Freeland a rejeté toute idée de taxes basée sur la notion de sécurité nationale américaine. «Que le Canada soit considéré comme pouvant représenter une menace pour la sécurité des États-Unis est tout à fait inconcevable».

Outre les échanges commerciaux, le Canada et les États-Unis sont «également des alliés indéfectibles» en matière de défense ou de sécurité «tout au long de frontières pacifiques de plus de 8 000 km», a-t-elle ajouté.

Dans les négociations avec les Américains pour obtenir la levée sans condition des taxes, «notre approche s’inspirera de notre profond désir de respecter et de faire appliquer l’ordre international fondé sur les règles que le Canada et les États-Unis ont aidé à établir», a souligné la ministre.

Le gouvernement canadien est déterminé à protéger son industrie sidérurgique et ses alumineries, comme ses intérêts sur son premier marché d’exportation de l’autre côté de la frontière.

«Nous ne resterons pas les bras croisés (...) et nous défendrons vigoureusement les intérêts de nos travailleurs».

Pour les discussions sur l’Aléna, le Canada est favorable à la modernisation d’un accord commercial datant de 1994 mais doit être équitable pour les trois pays, a-t-elle assuré.

Trump «a le sentiment» qu’il y aura un accord sur le traité Aléna avec le Mexique et le Canada

Donald Trump a indiqué jeudi qu’il avait « le sentiment » qu’il y aura un accord sur l’Aléna avec le Canada et le Mexique.

Le président américain avait exigé à son arrivée à la Maison-Blanche la renégociation du traité de libre-échange nord-américain (Aléna), menaçant de s’en retirer. Il a fait cette déclaration en promulguant des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium pour lesquelles il a exempté « pour le moment » ses deux partenaires de l’Aléna.

Tollé républicain contre les taxes de Trump sur l’acier et l’aluminium

De nombreux responsables et membres de la majorité républicaine du Congrès américain ont dénoncé jeudi sans détour la décision du président Donald Trump d’imposer prochainement des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium aux États-Unis.« Je suis en désaccord avec cette décision et j’en crains les conséquences imprévues », a déclaré le président de la Chambre des représentants Paul Ryan, un allié proche et jusqu’ici fidèle du président, dans un communiqué.

Un sénateur républicain, Jeff Flake, a immédiatement annoncé le dépôt prochain d’une proposition de loi visant à annuler ces taxes. « Les guerres commerciales ne sont jamais gagnées, elles sont toujours perdues », a-t-il prévenu.

« C’est une augmentation d’impôts sur les industriels, salariés et consommateurs américains », a dénoncé le président de la commission des Finances du Sénat, Orrin Hatch, fervent promoteur du libre-échange et jusqu’ici ami affiché du locataire de la Maison-Blanche. Sans mâcher ses mots, il a qualifié la décision de « malavisée » et « malheureuse ».

Tous ces républicains s’inquiètent de la hausse prévisible des coûts pour les fabricants américains ayant recours à de l’acier étranger - et donc de la hausse des prix pour les consommateurs aux États-Unis. Sans compter les risques de guerre commerciale et d’impact négatif sur la croissance économique du pays.

Des plus modérés aux plus conservateurs, l’opposition est vaste. Le chef du sous-groupe des élus conservateurs de la Chambre, Mark Walker, a imploré l’administration de cibler les « mauvais acteurs » au lieu d’imposer des tarifs commerciaux « s’assimilant à des impôts ».

Paul Ryan, et d’autres, ont salué les exemptions accordées dans un premier temps au Mexique et au Canada, mais elles sont loin de suffire, selon eux.

Ils entendent désormais faire pression sur l’administration afin de mettre en place ce que Paul Ryan a appelé un « processus d’exemption continu » pour les pays et les entreprises.

« Plus ce sera chirurgical, mieux ce sera », a-t-il dit à Atlanta lors d’une conférence de presse.