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Abolissons le 8 mars

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Enfin, une bonne nouvelle ! La Journée des femmes est terminée ! Mieux encore, cette assommante journée ne reviendra pas avant un an. Pas de spéciaux 100 % femmes, pas de chronologies des moments forts du féminisme, pas de billets songés de féministes à la mode, lesbienne ou pas, avant le 8 mars 2019. La sainte paix, merci beaucoup.

Je dois quand même montrer patte blanche : j’ai parlé des femmes aux Francs-Tireurs mercredi, mais c’était pour leur 20e anniversaire.

La Journée des femmes est pour moi source d’un malaise insaisissable. Après avoir lu tous les articles de circonstances, hier, j’avais la boule au ventre. Trop c’est comme pas assez. Surtout que #MoiAussi occupe beaucoup d’espace médiatique depuis l’affaire Weinstein.

Je me suis mise dans la peau d’un homme qui se frappe le nez sur le mur du 8 mars. Ouch ! Tout est de leur faute : plafond de verre, charge mentale, inégalités, violence, etc.

Autrement

Si seulement une majorité de femmes prenaient le pouvoir, clame-t-on, ce serait différent. Désolée, mais bullshit.

Le pouvoir — et surtout le maintien au pouvoir — a ses exigences. Il se fiche du groupe hormonal de ceux et de celles qui en rêvent. Maman minou dégriffée ne se hissera jamais en haut de l’organigramme.

Quand je me plonge dans la culture du 8 mars au Québec, j’ai l’impression d’atterrir dans les années 1950, quand nous étions « le sexe faible », que tout était à faire. Ce n’est plus vrai. Pas ici.

L’étalage de nos frustrations de privilégiées a quelque chose d’indécent comparativement aux souffrances de millions de femmes dans le monde.

Attendre au 8 mars pour parler de femmes dont on ne parle pas le reste de l’année, immigrantes, autochtones, etc. est en soi une discrimination.

La Journée des femmes a fait son temps.

« Il va falloir trouver autre chose. »