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Couillard se demande si les médecins devraient eux-mêmes gérer leur masse salariale

Période des questions
Photo d'archives, Simon Clark Couillard s'interroge sur l’auto-administration des masses salariales par les fédérations et le principe de l’équité par rapport à l'Ontario.

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PARIS – Philippe Couillard vient tout juste de s’entendre avec les médecins, mais il remet déjà en question des privilèges perpétués dans cet accord.

En clair, le premier ministre se questionne sur l’auto-administration des masses salariales par les fédérations médicales, qui a causé la création de primes inusitées, comme le bonus au port de jaquette par exemple. Il s’interroge également sur le principe de fixer le salaire des médecins québécois à ceux de l’Ontario.

«Il y a deux questions légitimes à se poser pour les prochaines années. La question de l’auto-administration des masses [salariales] par les fédérations et également le principe de l’équité externe, mais on ne rouvrira pas les négociations que l’on vient de clore, soyons clairs là-dessus», a affirmé le premier ministre vendredi, lors du point de presse de clôture de sa mission d’une semaine en France.

Mais pourquoi avoir signé une entente qui contient ces éléments qu’il juge discutables? «On ne peut pas tout faire en même temps», s’est-il justifié.

Rappelons que, selon cet accord, l’Institut canadien d’information sur la santé sera chargé de vérifier si un écart de rémunération subsiste entre spécialistes québécois et ontariens. Si c’était le cas, un conseil de règlement déterminerait l’écart à combler. Toutefois, Québec pourrait décider de la façon de régler la différence.

Par contre, si l’étude révélait que les médecins québécois sont mieux rémunérés que leurs homologues ontariens, ce que d’autres études démontrent, l’entente ne serait pas rouverte pour que leur salaire soit revu à la baisse.

Aujourd’hui, M. Couillard s’en prend carrément à ce principe qu’il appuyait pourtant jusqu’à tout récemment. «Est-ce qu’on va continuer à se déclarer dépendants de ce qui se passe ailleurs pour la rémunération des médecins? Je pense que ce sont des questions légitimes à poser», a-t-il dit.

M. Couillard a ajouté qu’on pourrait toujours poser ces questions «entre deux négociations», puisque des négociations permanentes ont lieu avec les fédérations médicales. «Mais il ne faut pas s’attendre à ce que ce soient des sujets faciles. C’est, éventuellement, des questions sur lesquelles le gouvernement peut se prononcer», a affirmé le premier ministre.

Le premier ministre réagissait à l’abandon de la «prime jaquette», accordée aux médecins qui enfilent gants, masque et jaquette pour voir un patient isolé. Cette prime était prélevée à même l’enveloppe de rémunération globale des docteurs, mais choisie par la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ). Il félicite la FMSQ et lui demande maintenant d’investir ces sommes pour améliorer l’accès aux soins.