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Fuites à la Davie: le vice-amiral Mark Norman accusé d’abus de confiance

Mark Norman
Photo courtoisie, Ministère de la Défense nationale Mark Norman

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OTTAWA – Le vice-amiral Mark Norman, relevé de ses fonctions l’année dernière parce qu’il aurait divulgué des informations confidentielles à des dirigeants du chantier Davie, sera formellement accusé d’abus de confiance.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a confirmé vendredi avoir déposé l’accusation contre le haut gradé militaire de 54 ans. «M. Norman aurait divulgué illégalement des renseignements gouvernementaux à des personnes non autorisées», a indiqué le corps policier dans un communiqué.

Le militaire doit comparaître le 10 avril prochain.

L’enquête sur les agissements de Mark Norman est en cours depuis décembre 2015. La GRC avait alors reçu une plainte suivant laquelle le vice-amiral aurait transmis des documents confidentiels du Cabinet au sujet d'un contrat de navire de transport canadien.

À la suite de cette plainte, «la GRC a cherché des éléments de preuve par l'entremise de plusieurs autorisations judiciaires, d'un traité d'entraide juridique avec les autorités américaines et d'autres techniques d'enquête telles que l'interrogation de témoins et l'analyse judiciaire d'un nombre considérable de documents», précise la police fédérale.

Dans une déclaration aux médias, l’avocate de M. Norman, Marie Henein, a soutenu que son client avait «toujours agi dans le meilleur intérêt du pays».

«Nous répondrons à cette allégation devant un tribunal où la preuve, l’objectivité et la justice sont importantes, et où il n’y a pas de place pour la politique», a déclaré celle qui a notamment défendu l’ex-animateur vedette de la radio de CBC Jian Ghomeshi lors de son procès pour agression sexuelle.

Lorsque l'enquête a été ouverte, le chantier Davie souhaitait que le nouveau gouvernement libéral à Ottawa cesse de bloquer l’octroi d’un contrat pour la conversion d’un navire-porte-conteneurs en un navire de ravitaillement pour la marine. Cette entente, paraphée entre le chantier et le précédent gouvernement, était évaluée à près de 700 millions de dollars et devait générer environ 200 emplois.

Le contrat a bel et bien été accordé quelques semaines après l'entrée en fonction du gouvernement Trudeau.

Dans le cadre de son enquête, la GRC a aussi rencontré des dirigeants de Chantier Davie et des membres du cabinet Trudeau, avait révélé le quotidien The Globe and Mail en avril dernier.