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De lutteuse à actrice: cette Québécoise a tout laissé pour travailler au chaud à L.A.

Oserais-tu mener une carrière comme la sienne ?

De lutteuse à actrice: cette Québécoise a tout laissé pour travailler au chaud à L.A.

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Avec la sortie du nouveau film Tomb Raider, on a eu envie de s’inspirer de filles qui en mettent plein la vue. Portrait de Marie Gibeault, une petite fille de Saint-Constant devenue une actrice de Los Angeles qui gagne à être connue.

 

Rejointe à Los Angeles tandis qu’elle se prépare un smoothie, l’actrice semble tout avoir du cliché de la côte ouest. Mais sous son bronzage, Marie Gibeault nous dévoile une fille forte qui travaille sans relâche.

«Los Angeles est une plaque tournante où se réalisent énormément de productions cinématographiques. J’y travaille fort, car pour percer dans le milieu du cinéma, il faut faire de nombreux compromis et accepter de mettre sa carrière au premier plan.» Même s’il lui a fallu laisser derrière elle famille et amis pour plonger dans l’univers américain, Marie ne regrette rien.

De lutteuse à actrice: cette Québécoise a tout laissé pour travailler au chaud à L.A.
David Muller

 

Aujourd’hui âgée de 32 ans, elle porte un regard de fierté sur les dernières années. «Le travail d’actrice est intense et exigeant, il s’agit presque de 24 h/24», lance-t-elle d’emblée.

«Il peut y avoir entre 3000 et 4000 soumissions d’actrice pour un même rôle. Alors il faut constamment se vendre. Même si j’ai des agents qui me représentent, je travaille en parallèle pour décrocher des rôles. Je n’attends pas que les choses viennent à moi. Je surveille le milieu, je me tiens au courant des productions à venir et j’envoie des tonnes de courriels. Je soumets mon matériel, bien sûr un démo, mais aussi des vidéos, des photos et mon CV.»


«Le travail amène le travail»

«Tout arrive par vague. En une seule semaine, je peux enchaîner huit auditions, puis c’est le calme plat pendant plusieurs jours», raconte celle qui travaille sans cesse.

 

«Dans les périodes d’accalmie, je poursuis mon entraînement physique pour demeurer au sommet de ma forme. Je m’assure également d’être prête à jouer en tout temps, en suivant chaque semaine des cours de jeu. Cela garde mes muscles et ma mémoire bien éveillés et performants lorsque les auditions déferlent.»

 

De lutteuse à actrice: cette Québécoise a tout laissé pour travailler au chaud à L.A.
Robin Emtage

 

«Souvent, je n’ai que quelques heures pour me préparer à une audition. Je dois apprendre les textes, bien entendu, mais aussi cerner la psychologie du personnage: Qui est-elle? Qu’a-t-elle fait avant cette scène? Pourquoi agit-elle ainsi? Lorsque j’arrive à l’audition, je dois être prête et en confiance», explique Marie.

 

De lutteuse à actrice

«C’est un milieu où tu reçois beaucoup de “non” avant un “oui”. Je considère avoir eu de la chance, mais aussi de l’avoir créée en redoublant d’ardeur. J’ai commencé ma carrière en participant à un spectacle de lutte pour lequel je me suis beaucoup entraînée. J’ai aussi fait du mannequinat et des publicités. Sans nécessairement délaisser ces milieux, je me concentre maintenant sur le jeu à la caméra. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de tenir des rôles, dont un premier rôle, dans des films indépendants.»

 

«Contrairement au théâtre, ma formation initiale au cégep, le jeu caméra est beaucoup plus petit. Il s’agit d’un jeu de précision où il est impossible de mentir. Pour transmettre une émotion authentique, il faut d’abord la vivre sincèrement. Les fausses larmes sont bien vite débusquées! Lorsqu’il le faut, je vais donc puiser “là où ça fait mal”.»

«Après une journée de 10 heures passées sur un plateau de tournage, je suis complètement épuisée. Nous pouvons reprendre 10-15-20 fois une même scène, avec des indications et des angles différents – toujours en demeurant dans l’émotion. Je trouve ça beau, j’aime ressentir les émotions et être transportée par l’art. Il faut dire que j’ai toujours été, un peu, obsédée par l’émotion.»

 

«Déjà à l’âge de 4 ans, je voulais être actrice. J’étais la mascotte de la famille! Dans les réunions de famille, on me demandait de rire ou de pleurer sur commande et j’adorais ça. Puis en vieillissant, j’ai gardé cette tendance prononcée à percevoir l’émotion, que ce soit au cinéma, en musique ou dans d’autres formes d’art.»


Un accent (et une comédienne) qui ne passe pas inaperçu

Celle qui s’est d’abord fait connaître sous le nom de Marie Gibb, embrasse maintenant son «exotisme francophone» en s’affichant sous Marie Gibeault. «J’ai suivi et je suis encore des séances de voix avec un coach. Je développe ma maîtrise de l’accent américain, qui passe par le relâchement de la mâchoire – contrairement au français pour lequel nous crispons les muscles.»

 

Dans ce marché d’actrices aux traits et à l’accent résolument américains, la Québécoise joue de sa différence: «Pour le moment, je suis plutôt castée dans des rôles de non-Américaine, des femmes françaises ou latines. Mais je sens de plus en plus d’ouverture aux accents et j’en profite pour me distinguer.»

«Aussi, j’ai l’air assez jeune – et cela fait bien rire mon entourage, car je suis souvent demandée pour des rôles d’adolescente. J’ai d’ailleurs joué le rôle d’une jeune fille de 16 ans dans une publicité pour voiture – la moitié de mon âge! Je peux donc osciller entre des rôles d’adolescente et de femme

 

S’ennuie-t-elle (au moins un petit peu) du Québec?

«Bien sûr! Montréal est magnifique – surtout l’été. C’est une ville sympathique, chaleureuse et sans prétention. Même si Los Angeles est souvent très superficielle et constamment à la conquête de l’American Dream, ma vie est vraiment ici», lance-t-elle.

 

«Pour la suite, j’aimerais un rôle de femme forte pour lequel je pourrais développer la psychologie du personnage et réaliser mes propres cascades. Mais pour aujourd’hui, j’irai sûrement à la plage, courir ou faire du yoga – une journée typique d’une fille à L.A.!» conclut l’actrice, qui, sans l’ombre d’un doute, vit pleinement son rêve américain à l’accent québécois.