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Un chauffard en liberté après trois mois en prison

Le bon comportement de l’homme lui a valu de sortir au sixième de sa peine

En fonçant droit dans un muret sur l’autoroute 720 à Montréal, Mathieu Allard a grièvement blessé les passagers qui prenaient place à bord de son véhicule.
Photo d'archives, Erik Peters En fonçant droit dans un muret sur l’autoroute 720 à Montréal, Mathieu Allard a grièvement blessé les passagers qui prenaient place à bord de son véhicule.

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Un chauffard qui a gâché la vie de ses passagers en fonçant saoul et beaucoup trop vite dans un muret a finalement passé à peine plus de trois mois en prison, malgré une sentence six fois plus longue.

« Je suis sous le choc. Cette décision de le remettre en liberté ne montre pas le bon exemple... il a brisé des vies », s’indigne, la voix déçue une des victimes de Mathieu Allard.

Allard avait écopé de 18 mois de prison pour une violente collision sur l’autoroute 720, à Montréal, survenue en mars 2015.

Mathieu Allard, <i>chauffard</i>
Photo d'archives, Chantal Poirier
Mathieu Allard, chauffard

Peu avant, le conducteur de 30 ans avait pris part à une soirée bien arrosée quand il a voulu continuer la fête au centre-ville. Il a choisi de s’y rendre en voiture, malgré une mise en garde d’une personne présente.

C’est donc avec trois passagers à son bord qu’Allard a pris le volant en conduisant à tombeau ouvert, jusqu’à deux fois la limite de vitesse permise.

Il a voulu prendre une sortie à 84 km/h, alors que la limite recommandée était de 25 km/h, quand il a percuté un muret.

Des experts ont estimé qu’Allard avait entre 94 mg et 152 mg d’alcool par 100 ml de sang, tandis que la limite légale est de 80 mg.

« Vous avez fait fi de la sécurité d’autrui et avez délibérément mis en péril des vies humaines, a noté la Commission québécoise des libérations conditionnelles (CQLC) dans un rapport rédigé cette semaine. Leurs vies et celles de leurs proches ont été changées à tout jamais. »

Finir ses jours en CHSLD

Karine Lasalle s’en était sortie avec des blessures mineures, tandis qu’une autre passagère a eu l’intestin perforé. Robert Arel a eu encore moins de chance, car à 31 ans, il ne peut plus marcher ni parler. Il a été placé en CHSLD, où il pourrait rester jusqu’à la fin de ses jours.

L’un des passagers, Robert Arel, a été placé en CHSLD à seulement 31 ans.
Photo courtoisie
L’un des passagers, Robert Arel, a été placé en CHSLD à seulement 31 ans.

Le chauffard, qui avait aussi été blessé, n’aura toutefois passé que le sixième de sa peine en prison avant d’obtenir une remise en liberté anticipée. Son bon comportement en détention et le faible risque de récidive ont joué en sa faveur.

Des remords

« Vous exprimez de très importants remords et avec de l’empathie pour les victimes, a ajouté la CQLC. [L’incarcération] a eu un effet dissuasif important, mais c’est l’accident lui-même qui a eu le plus grand effet dissuasif sur vous. Vous avez beaucoup de remords d’avoir fait des victimes. »

Mais même si Allard a pu quitter la prison, il devra quand même respecter plusieurs conditions, dont de ne pas conduire et d’éviter de boire de l’alcool.

Malgré tout, une des victimes persiste à croire que le chauffard aurait dû purger toute sa peine au lieu du sixième.

« Déjà qu’il aurait mérité une plus grosse sentence que ce qu’il a eu, c’est stupide. Le système de justice est pourri », conclut-elle, visiblement amère.